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(…) Avec cet échec, la Péninsule tire un trait sur le rêve de Renzi de faire de l’Italie la « locomotive de l’Europe » en faisant mieux que l’Allemagne.

En échouant, il remet politiquement en selle Silvio Berlusconi qui, une nouvelle fois, pourrait jouer les arbitres. Il donne aussi une victoire au populiste Beppe Grillo qui réclame des élections anticipées, joignant sa voix à celle de la Ligue du Nord. Certes l’Italie est le pays de l’instabilité : depuis la naissance de la République, il y a soixante-dix ans, la durée de vie moyenne des gouvernements à Rome est inférieure à 1 an. De plus Matteo Renzi, à quarante et un ans, n’a pas dit son dernier mot et, même très affaibli, il peut revenir aux affaires politiques.

Cela étant, cette défaite a une répercussion pour toute l’Europe. Car l’Italie est l’un des six pays fondateurs de la Communauté économique européenne, ancêtre de l’Union, et un membre du club de l’euro. Nombre de pays de l’UE, comme la France ou l’Espagne, partagent en outre quelques traits communs, la peur de l’immigration, un chômage élevé des jeunes, un rejet – souvent irraisonné – de la construction européenne.

Mais aussi, comme ce fut le cas également au Royaume-Uni, un malaise social que les gouvernants ne parviennent plus à cerner. Ce qui laisse nombre de nos dirigeants très loin des préoccupations quotidiennes des populations.

Mais il y a un autre risque : celui que ferait peser sur la zone euro un effondrement du système bancaire italien, qui n’a toujours pas été assaini. Une aide de l’Union à la troisième puissance économique de la zone euro serait d’une importance sans commune mesure avec celle accordée à la Grèce. (…) Une nouvelle tempête au sud pourrait se lever.


Jacques Hubert-Rodier, Les Echos – « Les leçons pour l’Europe de l’échec de Renzi » Source (extrait)