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A force de « dénigrer l’impact » de mai 68, il se pourrait qu’un mois de 2017, joue « Le Retour » au risque d’être très dur voire sanglant. MC

(…) [La] victoire de M. Fillon à la primaire de la droite suscite de fortes inquiétudes. La posture va-t-en-guerre de l’ancien premier ministre (2007-2012), qui se dit prêt à « passer par-dessus les syndicats » pour mettre en œuvre sa politique s’il est élu à la présidence de la République, tout comme ses propositions libérales sur les questions sociales, sont autant de chiffons rouges.

[Déjà] au lendemain du premier tour de la primaire ayant placé M. Fillon en position de favori, Jean-Claude Mailly avait sonné la charge. A la tête d’un syndicat qui s’est toujours abstenu de donner des consignes de vote mais qui s’est durement heurté à l’ancien ministre des affaires sociales lors de la réforme des retraites de 2003, le secrétaire général de Force ouvrière (FO) a qualifié le programme du candidat d’« ultralibéral ».

(…) sur France Inter, JC. Mailly a fustigé le « côté libéral et autoritaire » de F. Fillon, en observant que le recours aux ordonnances (manière de légiféré sans tenir compte des chambres constituées autrement dit : dictature absolue) faisait l’impasse sur le dialogue social.

Il a aussi dénoncé la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires promise par F. Fillon – « Où va-t-on les trouver. (…) Au-delà des effectifs, comment vont fonctionner les services publics ? » (…) le relèvement des seuils sociaux, pointant le risque d’une « déstructuration des relations sociales ». (…) il a vu dans la fin de la durée légale hebdomadaire à 35 heures, (…) la possibilité de « pouvoir travailler jusqu’à 48 heures dans les entreprises », un « vrai recul ». Pour JC. Mailly, avec la loi travail, « le gouvernement actuel a ouvert la porte » et M. Fillon

Pour l’heure, Philippe Martinez, dont la centrale a été la cible d’attaques lors des débats de la primaire, joue la carte de la prudence. (…) le secrétaire général de la CGT s’en est pris à la réduction du nombre de fonctionnaires et aux remises en cause du modèle social, jugeant que ces « choix politiques génèrent la misère sociale ». P. Martinez a estimé que la loi travail a « ouvert la porte à la marginalisation du syndicalisme ». Quant au recours aux ordonnances, « c’est une caricature du dialogue social. C’est une démarche populiste ».

Les syndicalistes s’interrogent aussi sur les influences contradictoires qui s’exercent sur M. Fillon. Le 20 novembre, sur France 2, Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap), libérale, a appelé à une « réforme du syndicalisme » afin de l’empêcher de bloquer des réformes.

(…) Dans Le Figaro du 24 novembre, M. Fillon a tenté d’adoucir sa potion : « Les syndicats sont dans la démocratie sociale, a-t-il déclaré, et j’espère qu’ils seront constructifs. » Mais, a-t-il prévenu : « Je ne céderai pas aux intimidations. »


Michel Noblecourt, Le Monde – Source (Extrait)