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S’appuyant sur les échecs du quinquennat de François Hollande, la droite, et tout particulièrement François Fillon, propose aujourd’hui un programme profondément réactionnaire, un retour en arrière par la mise en cause méthodique de l’État social, tant par la baisse des dépenses publiques et le creusement des inégalités de revenus que par l’affaiblissement du droit du travail et le renoncement à la transition écologique.

Les difficultés de la France viennent-elles, comme le prétendent les experts mis en avant par les médias, de trop de socialisme ou d’étatisme ?

  • C’est oublier que tous les pays développés souffrent encore des suites de la crise financière, que cette crise n’était pas due à trop de socialisme, mais à l’avidité et à l’aveuglement des marchés financiers.
  • C’est oublier que le capitalisme financier d’aujourd’hui génère des déséquilibres profonds dont souffrent toutes les économies développée.
  • La victoire du capital sur le travail permise par la mondialisation, la recherche effrénée de compétitivité et la hausse des inégalités de revenus induisent un déficit global de demande dont témoignent les bas taux d’intérêt et d’inflation.
  • La demande doit être soutenue par des bulles financières (qui un jour éclatent) ou des hausses insoutenables de l’endettement privé ou public.
  • La dégradation de la situation de l’emploi permet aux entreprises de faire pression sur les salaires et les conditions de travail des salariés, le travail précaire se développe, la cohésion sociale est mise à mal.
  • Partout, comme en témoignent le vote en faveur du Brexit et la victoire de Trump, les classes populaires sont les victimes de la mondialisation telle qu’elle est impulsée par les firmes multinationales, les institutions financières et les classes dominantes.
  • Enfin, le refus d’intégrer sérieusement les contraintes écologiques entraîne la planète vers la catastrophe écologique.

Faut-il que la France se donne l’objectif de se caler sur le modèle libéral-productiviste ?

Faut-il sauter dans le train de la libéralisation à tout crin, qui mène à la catastrophe, comme la crise de 2007 l’a montré ?

François Hollande n’a pas été capable d’impulser un nouveau modèle de croissance. Il n’a pas voulu rompre avec une politique européenne, qui reposait sur le diptyque « austérité budgétaire/réformes libérales ». Aussi a-t-il constamment pratiqué une politique budgétaire restrictive qui a certes quelque peu réduit le déficit public, mais en brisant la croissance. Il n’a pas tenté une politique industrielle novatrice reposant sur une impulsion publique forte pour engager la transition écologique, sur la participation des salariés et des citoyens aux décisions des entreprises et sur la réorientation de l’activité des banques hors des marchés financiers vers le crédit aux activités productrices.


Sterdyniak Henri, Médiapart  titre original « François Fillon et le programme du Medef » Source (Extrait)