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[Avant tout chose, notons la participation-discipline de vote des électeurs de droite et leurs fidélités à soutenir le parti « Les Républicains » alors que n’existaient pas – loin s’en faut – des lieux de vote dans tous les villages, pour cette primaire.

Il faudra quelques temps pour analyser en détail l’origine et l’appartenance réelle de tous ces votants et les raisons de leur choix. Vérifier entre autre, si la consigne du PS a été suivi ou non et si oui, pour quel pourcentage ? MC]

L’avis des médias – Des extraits.

Pour Tabard Guillaume, Le Figaro, – article écrit avant le résultat.

L’ancien premier ministre n’a cessé de plaider le « rassemblement », au-delà de la droite ; l’ancien chef de l’État n’a cessé de sonner la mobilisation de la seule droite. Alain Juppé lorgnait les « déçus du hollandisme » pour prendre le large dans les sondages ; Nicolas Sarkozy espérait faire revenir les convertis au lepénisme.

Trop frontal ? Trop réducteur ? Ce choc a pu lasser, inquiéter ou décourager une part croissante de l’électorat de droite.

C’est l’une des raisons de la progression de Fillon. Une autre est, paradoxalement, le leitmotive cumulé des campagnes de Sarkozy et de Juppé, martelant le risque d’une « alternance molle », l’ex président à semer le doute sur le maire de Bordeaux. Donc à décrocher de lui un nombre significatif d’électeurs qui ne voulaient pas pour autant revenir sur le vaincu de 2012.

Pour Gattegno Hervé, Journal du Dimanche

Sur Europe 1, le directeur de la rédaction du JDD, Hervé Gattegno, revient, avec Wendy Bouchard, sur le premier tour de la primaire de la droite.

  • Vous l’avez dit vous-même, personne n’avait prévu un tel finish. Est-ce que ça veut dire que les instituts de sondage se sont trompés, comme aux Etats-Unis?

Je voudrais défendre un peu les sondeurs. (…) … parce qu’on ne peut pas attendre d’eux qu’ils sachent pour qui vont voter des électeurs qui, de plus en plus, choisissent à la dernière minute!

Dans un monde surinformé – grâce à nous –, avec les chaînes d’info et les réseaux sociaux, la politique est partout tous les jours. Vous pouvez être le lundi pour Le Maire, mercredi pour NKM, vendredi pour Juppé… et prendre un autre bulletin au jour du vote. Mettez un sondeur au milieu de tout ça, il va se trouver comme un caméléon sur une couverture écossaise! (…)

Cela dit, le vainqueur de la primaire, on le connaît. C’est la primaire. (…) … la primaire va s’installer comme une vraie conquête démocratique. Et ça, c’est une vraie révolution pour la droite, comme ça l’a été pour la gauche.

[Mon avis – qui ne regarde que moi bien évidemment – « la primaire » est justement l’anti-démocratie car elle impose un candidat unique d’un mouvement avec sa personnalité et son programme et … voir ce que cela a amené aux USA – oui le mode de scrutin n’est pas le même Clinton avait plus de voix, il eut été plus légitime qu’elle soit élue … Voir l’exemple du FN (entre autre), le rapport entre nombre de votants pour cette formation aux législatives et le nombre d’élus – Démocratie avez-vous dit, plutôt d’habiles découpages électoraux avantageant gouvernement et majorité en place –  A qu’en le suffrage universel élisant nommant les élus a la stricte proportionnelle du nombre de voix ? MC]

Pour Askolovitch Claude, Slate – Dans un article titré « François Fillon est bien plus à droite que vous ne pensez »

(…) … regardons l’implacable logique des moteurs et des idées. Regardez qui l’adoube, compatriotes, et sentez le vent? (…). François Fillon est exactement là où se trouve son camp.

Pour Waintraub Judith, Le Figaro

Qualifié, et en tête : en quinze jours, François Fillon a démenti tous les pronostics. (…) Fillon a choisi [l’inverse de Juppé, Sarkozy, Copé et Le Maire, dans sa posture] un registre, plus moral que politique, celui de l’« exemplarité ».

(…) Pendant des mois, il déroule le projet qu’il a construit avec ses équipes d’experts, dont le travail est coordonné par Pierre Danon, ex-PDG de British Télécom et de Numéricable. Il tient à associer des non-professionnels de la politique à l’élaboration de ses propositions, et à le faire savoir.

Pour cela, il crée un « conseil de la société civile » qu’il réunit régulièrement. Des tandems associant systématiquement un parlementaire et un représentant de ladite société sont envoyés dans les départements pour faire connaître le programme du candidat.

Sa tonalité libérale est revendiquée. François Fillon admire Margaret Thatcher et ne s’en cache pas, ce qui le fait passer au mieux pour un original dans la classe politico-médiatique.

L’artisan principal de la partie économique est Hervé Novelli, qui a créé le statut de l’autoentrepreneur quand il était au gouvernement, et sa patte est aisément reconnaissable. Nicolas Sarkozy ne manque pas d’ironiser sur ce rival qui prétend se faire élire en promettant « du sang et des larmes ».



Note : Fillon sera certainement le candidat LR tant est grand le nombre de voix qui le sépare de Juppé. Il semble par conséquent essentiel d’analyser son programme.

Programme qui s’il est élu président, annonce d’ores et déjà, bon nombres de manifestations contre la diminution de 500.000 fonctionnaires, la fin effective des 35h, la retraite à 65 ans minimum, et surtout l’augmentation de la TVA qui touchera toutes les couches de la société, des restrictions sur le mariage pour tous liés au retour du clérical omniprésent. Vous avez-dit retour du réac ! MC