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Lors du troisième débat (…) alors qu’ils avaient semblé beaucoup plus à l’aise lors du deuxième exercice le 3 novembre, ils se sont montrés à nouveau tendus au début d’un rendez-vous politique plutôt terne.

Les sondages qui se resserrent entre les trois leaders et la proximité du scrutin ont amené Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon à ne pas changer de stratégie par rapport au débat précédent. (…) [Les autres candidats visiblement hors de course – MC]

Échanges tendus

(…) … Nicolas Sarkozy (…) a vite retrouvé les habitudes qu’il avait prises lors des deux premiers débats: évoquer le plus souvent son expérience d’ancien chef de l’État, expliquer sur certains sujets que ses concurrents ne doivent pas dire de « bêtises » et les interpeller le plus souvent possible en les appelant par leur prénom.

Fidèles à leur stratégie développée depuis le premier débat, Alain Juppé et François Fillon ont cherché à se placer au-dessus de ces petites altercations, chacun dans son couloir, limitant leurs échanges avec les autres compétiteurs à quelques amabilités. (…) François Fillon, (…) rejetant la « politique spectacle ». « Tiens, j’ai envie de faire comme François Fillon, parler d’autre chose », a repris Alain Juppé.

Interrogé sur l’élection de Donald Trump, Jean-Frédéric Poisson a estimé que le message envoyé était positif. «Les frontières ont du sens», a-t-il commenté, (…)

Il a fallu attendre 22 h 55 pour que les échanges s’animent enfin et se concentrent sur les principaux points de désaccords de la campagne.

Juppé a jugé irréaliste la suppression de 600.000 fonctionnaires défendue par Fillon? « L’analyse d’Alain Juppé, c’est la raison pour laquelle je suis candidat. On pose le problème à l’envers », lui a répondu le député de Paris en expliquant que c’était parfaitement réalisable en passant aux 39 heures. « Je ne suis pas convaincu, naturellement, a rétorqué le maire de Bordeaux. Je suis favorable à l’augmentation de la durée du temps de travail mais on ne fera pas travailler les enseignants 39 heures » dans les classes. « Bien sûr que non », a concédé François Fillon. (…)

Nicolas Sarkozy a (…) [mit] les points sur les i [du haut de sa superbe grandeur d’âme sans doute. MC] avec les deux anciens premiers ministres. À François Fillon proposant une augmentation de la TVA, il explique qu’il « sous-estime le ras-le-bol de la classe moyenne sur l’imposition ». À Alain Juppé, il a reproché de ne pas « comprendre la colère que suscitent la question migratoire» et le «regroupement familial ». Ces derniers échanges étaient loin de refléter la tonalité générale de la soirée.

C’était peut-être [certainement] le débat de trop alors que tous les candidats attendent désormais les résultats du premier tour dimanche soir, 20 novembre 2017.


Garat Jean-Baptiste, Le Figaro – Titre original « Primaire : un dernier débat sans relief avant un premier tour à suspense » – source (Extrait)