Mots-clefs

, , , , , ,

(…) l’affaissement et la division de la gauche, au fil des scrutins intermédiaires qui ont jalonné le quinquennat de François Hollande, ont permis à la droite de regagner des positions perdues, en termes d’exécutifs locaux ou d’élus au Parlement européen.

Cependant, contrairement à ce que pourraient laisser penser ces succès, le socle électoral de la droite, concurrencée par le Front national, s’est fortement rétracté.

N’oublions pas que, si le PS n’avait pas fait le choix de sacrifier ses représentants dans les régions où pesait le risque d’une victoire de l’extrême droite, les gains de la droite auraient probablement été plus limités. Les dernières élections régionales de décembre 2015 sonnent donc comme une première alerte pour la droite.

L’étude des résultats électoraux de la droite et du centre depuis 2001, réalisée par Le Monde et l’Observatoire de la vie politique et parlementaire, montre clairement le décrochage depuis 2010, au milieu du quinquennat de Nicolas Sarkozy, sans qu’elle parvienne, sous le quinquennat Hollande, à récupérer les voix perdues.

Le FN gagne 3 millions de voix L’élection présidentielle de 2007 apparaît de ce point de vue comme une  » anomalie  » au regard du paysage actuel. Si les candidats de la droite et du centre totalisent près de 20 millions de suffrages au premier tour, c’est avec un François Bayrou, en phase de  » rupture « , qui en recueille près de 7 millions et réunit sur son nom 18,5 % des suffrages, tandis que le candidat du FN, Jean-Marie Le Pen, peine à dépasser les 10 %. Une configuration qui n’est pas près de se reproduire.

Regardons de plus près les scrutins intermédiaires intervenus depuis. Les élections cantonales et départementales, à cet égard, sont particulièrement édifiantes. Entre les premiers tours de 2001 et 2008, sur la même moitié des cantons en jeu, la droite gagne près d’un million de voix et plus de 3 points en pourcentage des suffrages exprimés. Sur l’autre moitié des cantons, renouvelables en 2004 et 2011, elle essuie en revanche une perte de plus de 3,5 millions de voix et 5 points en pourcentage.

Surtout, si l’on compare les résultats des départementales de mars 2015 à ceux totalisés des cantonales de 2008 et 2011, on observe que la droite et le centre perdent 1,7 million de voix et 3,6 points en pourcentage, tandis que dans le même temps le FN gagne plus de 3 millions de voix. (…) Quant aux élections régionales, la droite et le centre ont brutalement chuté entre 2004 et 2010 en perdant près de 3 millions de voix.

Leur résultat en 2015 est encore inférieur de 2 millions de voix et 5 points en pourcentage à celui de 2004. La leçon de ces scrutins intermédiaires est claire. Face à l’élargissement de l’électorat du FN et malgré l’effondrement de la gauche, la droite n’a pas réussi à regagner son assise électorale. (…)


Patrick Roger, Le Monde – Source (Extrait)


La question qui vaut son pesant d’électeurs, pour qui a votre avis « roule » cet article ? MC