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(…) En déplacement mercredi et jeudi à Lyon, l’ancien ministre de l’économie estime que « les classes moyennes et populaires sont les grandes oubliées de la crise…

… Économiquement bien sûr. Mais aussi politiquement, car elles ont été mises à l’amende pour payer la facture de la crise financière ».

Il ajoute : « C’est la rébellion qui se produit partout dans le monde. Et c’est exactement ce qui nous guette en France. » (…) [et] Arnaud Montebourg poursuit le raisonnement : si la droite l’emporte en 2017, faute d’alternative et de rassemblement à gauche, « un plan d’austérité considérable » sera mis en œuvre. « Et c’est Le Pen dans 5 ans [en 2022 – ndlr]. » « La gauche doit donc tourner la page du quinquennat et rassembler les électorats de gauche pour l’emporter, la gauche socialiste, communiste, verte, et tous ceux qui sont perdus », explique Montebourg.

(…) … pour Montebourg, l’élection de Trump est « un événement majeur ». « Il y a une montée possible des périls. Mais sociologiquement elle s’explique assez bien », glisse-t-il entre deux rendez-vous.

Alors il déroule son raisonnement, et son programme : engager le bras de fer européen avec la Commission, les « ultralibéraux extrémistes gardiens du temple européen » et la droite allemande, rompre avec l’austérité, lancer un vaste programme d’investissements publics dans les infrastructures, construire des logements et les rénover thermiquement, aider les PME, renforcer la Banque publique d’investissement, et construire cette « nouvelle alliance » entre les forces productives – les salariés et les entrepreneurs, loin des milieux financiers et bancaires, à l’aune du “made in France”. « L’alliance entre la société et l’État doit être stabilisée à travers les débats de 2017, estime Montebourg. Il faut l’apaiser, loin de l’hystérie des idéologues libéraux ou d’un étatisme omniprésent. »


Lénaïg Bredoux, Médiapart – Source (Extrait)