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« America First » – Donald Trump.

Au pays roi de la mondialisation, les électeurs américains ont voté mardi 8 novembre pour ce slogan du républicain Donald Trump. Soit pour le retour du nationalisme économique. (…)

Au risque, redoutent les observateurs, de voir se déclencher une « guerre » commerciale avec tous ses partenaires si ses propositions sont appliquées en l’état. (…)

Pour se protéger d’un commerce mondial qu’il accuse d’avoir provoqué chômage et délocalisations sur le sol américain, le président élu a multiplié (…) entend aussi taxer les produits des entreprises qui délocalisent en Chine, de 45 %, et au Mexique, de 35 %.

(…)… [Trump] héraut de l’isolationnisme s’est dit déterminé à renégocier, voire révoquer les accords commerciaux existants.

Au premier chef l’Alena (en anglais le Nafta) signé en 1994 par Bill Clinton et qui réunit les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Il a assuré qu’il ne ratifierait pas le traité commercial avec la zone pacifique (le TPP), tout juste signé par Barack Obama. Cerise sur le gâteau, Donald Trump se dit même prêt si nécessaire à sortir de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

A-t-il les moyens de ses ambitions ?

« N’oublions pas qu’il ne s’agit pas d’un programme à -proprement parler », souligne Christophe Destais, directeur adjoint du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii). (…) Traditionnellement, le parti républicain est favorable au libre-échange, rappelle Patrick -Artus, directeur de la recherche économique chez Natixis.

Comment cela se combinera-t-il avec un président protectionniste ?

(…).Sur la question des traités commerciaux, l’aval du Congrès est théoriquement nécessaire. Mais la politique étrangère est du ressort du chef de l’Etat et Donald Trump pourrait agir par « proclamation présidentielle ». Pour augmenter les droits de douanes imposés aux produits importés de Chine et du Mexique, rien ne lui est non plus impossible. Une sortie de l’OMC l’autoriserait à mettre en œuvre les règles souhaitées sans contrepartie. (…)

L’autre question est celle d’un intérêt économique pour les Etats-Unis à s’engager dans une confrontation commerciale. (…) Une déflagration qui ne devrait pas laisser les Etats-Unis indemnes car toute mesure de rétorsion commerciale sera vraisemblablement suivie de représailles de la part des pays visés.

Selon les experts du Peterson Institute, le scénario le plus noir d’une guerre commerciale plongerait l’économie américaine dans la récession et coûterait plus de quatre millions d’emplois américains dans le secteur privé. (…)


Marie Vergès, Le Monde – titre original « La Maison Blanche, nouveau temple du protectionnisme économique » – Source (extrait)