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Il fut un temps, dans les années 49-50 ou dans mon village de Villejuif qu’était la banlieue parisienne, si près si loin de Paris, ce murmurai parmi les habitants : « Il est tombé dans la misère il a rejoint les taudis des  fortifs ».

Les fortifications étaient ce qui restait des remparts de pierre érigés en 1870 ceinturant Paris et un espace désert, devenu une lande sauvage délimitant Paris des banlieues, où s’agglutinaient tous les miséreux dans des taudis immondes et ou régnaient de nombreuses maladies dues aux vermines dans une insalubrité totale. Ou encore, s’entassant dans les « hélas célèbres » taudis de Nanterre ou Saint Denis avec des éclairages de fortune, sans eau courante, ni lieux d’aisances dans une promiscuité ou vols, prostitutions, viols, homicides mais aussi maladies diverses et dangereuses étaient monnaie courante.

Il fallut attendre les années 54/55/56, ses terribles hivers, la harangue d’un prêtre –l’Abbé Pierre–pour que les gouvernements successifs commencent à se décider d’aider les communes à ériger des appartements à loyer modéré dans la périphérie de Paris, alliés à une politique en faveur de la famille, pour éradiquer une partie de la pauvreté la plus « visible ». La construction du périphérique parisien acheva la disparition de ces taudis, mais pas la pauvreté.

Qu’en est-il aujourd’hui, ni plus ni moins qu’un vaste retour en arrière ; hélas.

60 ans après c’est le retour des taudis et de la misère alors qu’il n’y a jamais eu en France autant de milliardaires, d’exodes et d’évasions fiscales, de délocalisations.

Des masures, des taudis il y en a partout, la misère aussi et pas que dans les camps de migrants médiatisés à outrance et servant de paravent, par, à la fois le gouvernement mais aussi par des partis de droite et extrême droite.

Qui, dans la présidentielle de 2017 qui s’annonce, parle d’éradiquer la misère, construire des logements, s’organiser pour diminuer valablement le chômage, propose une politique de la famille ?

Ils sont beaux de supprimer l’impôt sur la fortune, de vouloir baisser sans cesse les charges sociales pour le seul bénéfice des actionnaires, d’allonger le départ à la retraite, de faciliter les licenciements, de refuser de construire des logements sociaux soi-disant vecteurs de problèmes à venir, de laisser la délocalisation gagner du terrain, etc. Tout pour les possédants que la misère perdure pour leurs plus grands bénéfices !

Pour avoir un jour failli passer de la lumière à l’ombre, pour avoir senti le vent de la déchéance et de l’opprobre populaire frapper à notre porte, qu’il a fallu se rendre à l’évidence que de passer de l’habitant d’un appartement à la rue, peut être très court et rapide, nous sommes de ceux qui bien que loin d’être des nantis et que les fins de mois peuvent être difficiles, aujourd’hui, nous considérons en « avoir » toujours un peu plus que les plus démunis et pour cette raison, estimons nécessaires d’aider nos prochains.

MC