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Condensés des potins médiatiques de la pré-présidentielle de 2017

Mélenchon fait vœux de rassembler large !

Pour Sébastien Maillard dans « La Croix » l’article titré « Jean-Luc Mélenchon veut rassembler au-delà des « insoumis » » pose un certain nombre de questions. – Source (extrait)

« La France insoumise », le mouvement créé en soutien à la candidature présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, réunit sa première convention à Lille les 16 et 17 octobre.

Le député européen attire diverses composantes de la gauche radicale, mais cherche aussi à élargir son électorat vers ceux qui se sentent éloignés de la politique.

Un temps fort délibératif, interactif, populaire et novateur. C’est ce qu’attendent les organisateurs de la première convention demain et après-demain, à côté de Lille, de « la France insoumise ».

Un mouvement « en cours de construction », comme le présente lui-même son fondateur, Jean-Luc Mélenchon. Ce rendez-vous doit faire avancer l’élaboration du programme de sa candidature à la présidentielle. Et doit permettre à celui qui était arrivé quatrième au premier tour en 2012, avec plus de 11 % des suffrages, d’élargir son audience.

La conjoncture politique est favorable. « L’opposition à la loi travail a été un élément déclencheur », relève Emmanuel Rivière, directeur en France de Kantar (Sofres), soulignant la progression de la « cote d’avenir » de Jean-Luc Mélenchon.

Les communistes irrités par la direction de leur parti

Son discours foncièrement à gauche attire en premier ceux qui reconnaissent en lui un chef plus à même de porter leurs idées pour ce scrutin que ceux de leurs propres formations politiques. « La France insoumise » attire ainsi nombre de communistes irrités par la direction de leur parti, jugée trop préoccupée par ses alliances électorales avec le PS.

Jean-Luc Mélenchon, lui, a clairement rompu avec son parti d’origine. Il profite du discrédit de la gauche gestionnaire comme de l’essoufflement des alternatives. Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, qui fusionne plusieurs mouvements très à gauche, l’a rallié le mois dernier. « Il envoie des signaux à tout l’électorat allant de la gauche du PS à la gauche radicale », observe Vincent Martigny, chercheur en science politique à l’Ecole polytechnique. (…)


Primaire de la droite … et divers ressentiments.

Pour Le Parisien – Source (Extrait)

(…) … Malgré une attitude professorale, voire un peu lointaine, le maire de Bordeaux est sorti vainqueur de cette première rencontre, selon un sondage réalisé juste après l’émission : 35 % ont jugé qu’il avait été le plus convaincant (clic). Reste à savoir ce qu’en ont pensé les autres bords politiques.

Florian Philippot (FN) : « Un débat de boutiquiers ». (…) … où sept candidats se sont affrontés « pour une virgule ».

Eric Woerth (LR). « J’avais très peur qu’il n’y ait pas de débat sur le fond, que ce soit envoyé à coup de minutes et d’attaques personnelles, c’était de bon niveau, ça faisait bonne figure pour les électeurs de la droite et du centre et uniquement de la droite et du centre », insiste, sur RFI, le député de l’Oise Eric Woerth, dans une allusion au point de crispation entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy sur de potentiels électeurs de gauche lors de la primaire.

Henri Guaino : « Il n’y avait aucune vision ». (…) … il estime qu’« aucun candidat n’était convaincant » et juge qu’« une présidentielle ça doit parler du fond, pourquoi c’était si ennuyeux ? » « Rendez-vous compte, ils ont réussi à parler d’économie sans parler une seule fois d’Europe ! », ajoute-t-il. « On va résoudre les problèmes en diminuant le nombre de fonctionnaires et en supprimant les 35 heures ? mais enfin…, poursuit-il, tout ça c’est se moquer du monde ». 

Rachida Dati : « Nicolas Sarkozy est le plus en phase avec les problèmes des Français ». Sur i>Télé, la députée européenne (LR) n’aime pas les commentaires assurant que c’est Alain Juppé qui a gagné ce débat. « C’est le petit confetti parisien qui dit ça », s’agace celle pour qui Nicolas Sarkozy a été le plus convaincant.

NKM s’est trouvée « intéressante ». (…) L’unique candidate féminine à la primaire se dit « heureuse d’avoir pu faire passer quelques messages, une voix un peu différente qui correspond à (sa) vision de la société ». (…)

François Baroin (LR) rappelle, « Ils ont tous été ses ministres ». Présenté comme le futur Premier ministre si Nicolas Sarkozy remportait la primaire à droite puis l’élection présidentielle, François Baroin juge que, hors débat, « toute la campagne se fait pour ou contre Nicolas Sarkozy », il y avait donc « un risque » que ce premier face-à-face soit « un pugilat ». Mais non, estime-t-il. (…)

Jean-Christophe Cambadélis (PS) « Pas de gagnant c’était très barbant ». Le premier secrétaire du PS sur RTL joue son rôle : tacler le débat de la droite. Sur la forme, il dit l’avoir trouvé ennuyeux, oubliant que les débats du PS il y a 5 ans avaient aussi été sans surprise. (…)

Jean-Marie Le Guen (PS) : Trop de « cadeaux aux riches »« Cette politique de la course à l’échalote à l’électorat des plus fortunés, qui iront peut-être voter à la primaire, est une erreur et nous ne les suivrons pas sur ce terrain », (…)

Cécile Duflot, (…) … l’ancienne secrétaire d’Etat au Logement s’est agacée à plusieurs reprises, notamment du débat sur l’allongement de la durée du travail, « alors que c’est en Grèce » qu’on travaille le plus, parmi les pays de l’OCDE. Une manière de dire que cette solution, préconisée unanimement par la droite, ne garantit pas la sortie de crise.

Benoît Hamon, député PS des Yvelines et candidat à la primaire socialiste : « La droite n’a rien compris et fait du Thatcher ».


Hollande rêve de se sauver grâce à la droite

Par Cécile Cornudet dans « Les Echos » – source (Extrait)

Hollande veut profiter des débats à droite pour parler à sa gauche et défendre les modèles républicain, social et éducatif.

(…) La droite débat et donc se dévoile : c’est le moment idéal pour installer la comparaison, estime [F. Hollande], et donc reparler à sa gauche. La primaire de la droite , ou l’histoire espérée d’un nouveau commencement à gauche. La primaire de la droite comme bouée de sauvetage, pourrait on dire.

Le match Juppé-Sarkozy n’est pas tranché, mais François Hollande est persuadé que les deux candidats ont d’ores et déjà commis une erreur sur l’économie. Un programme « de régression », accuse-t-il dans « l’Obs », et dangereux pour l’avenir du modèle social français. De quoi évoquer ce qu’il estime être la « cohérence » de son propre bilan (…) De quoi surtout poser les enjeux de la présidentielle, estime-t-il, occuper cette drôle de période où il entend installer l’idée de sa candidature sans pour autant être candidat.

Discours sur l’éducation

Durant toute la campagne de la primaire à droite, François Hollande va ainsi tenter de se poser en protecteur d’un modèle français qu’il juge menacé. Du modèle républicain, qu’il défendra lors d’un colloque célébrant le centenaire de la naissance de François Mitterrand le 26 octobre prochain. Du modèle social dont il se portera le garant lors d’un discours début novembre. Du « modèle éducatif et culturel » enfin dont il parlera d’ici à la fin du mois de novembre. Pendant ce temps, un appel d’élus et de responsables de fédération devrait être lancé sur le thème « pour nous, c’est lui ».

Le moment est choisi, le scénario léché, la chorégraphie préparée. Restent les imprévus, pas toujours faciles à gérer, surtout lorsqu’ils émanent du metteur en scène lui-même.