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Manuel Valls se tient prêt, au cas où…

Et s’il y allait ? Et si, François Hollande renonçant, Manuel Valls se portait candidat à la présidentielle ? Officiellement, ni Matignon ni les proches ne veulent évoquer ce scénario. Il en va, répètent-ils, de cette « loyauté » vis-à-vis du président (…)

Bien sûr, tout cela fleure bon l’élément de langage. Mais quel autre discours tenir au regard du coup de tonnerre que représenterait le renoncement de Hollande ? (…)

À ce stade, en dépit de ses sondages calamiteux, ils sont nombreux à parier sur la candidature du président. Question de caractère. « Quand il y a une porte cochère, Hollande ne la voit pas. Quand il y a un trou de souris, il le voit », s’amuse ainsi un ministre. (…)

Alors qu’Emmanuel Macron a choisi de faire cavalier seul et que sa candidature future ne fait plus guère de doute, le premier ministre semble flatté que l’on puisse envisager également la sienne.(…)

Valls semble avoir fait bouger son curseur politique. Il sait que sa candidature à gauche ne va pas de soi. Un ministre résume la situation : « Il a trois problèmes à régler. D’abord, il incarne le déplacement du centre de gravité de la gauche et semble, plus que Hollande, à contre-emploi dans la stratégie de rassemblement de la gauche. Ensuite, il n’est pas acquis qu’il puisse gagner la primaire à gauche. Enfin, son espace politique s’est resserré avec Macron. » (…)

Le phénomène Macron peut-il être durable ?

Pour Pascal Perrineau dans un article paru dans Le figaro  Source (Extrait)

(…) Dès avril 2016, une série d’enquêtes ont présenté Emmanuel Macron comme la seule alternative crédible à un président sortant empêtré dans une impopularité profonde. (…) Cependant, le désarroi de la gauche, [permettrait] à une éventuelle candidature Macron de s’inscrire dans le paysage politique.

(…) Dans la grande enquête Ipsos préparée pour le Cevipof et Le Monde, l’ancien ministre de l’Économie recueille, selon les différentes configurations de candidatures, entre 12 et 14 % des intentions de vote. Dépassant sensiblement le niveau des intentions de vote rassemblées par François Hollande (10 %), qu’il contribue à marginaliser et à reléguer dans les profondeurs du classement de l’élection présidentielle en quatrième ou cinquième position. Ce niveau relativement élevé d’intentions de vote lui permet d’endosser les habits du « troisième homme » derrière le candidat des Républicains (crédité de 22 % en cas de candidature Sarkozy et de 34 % en cas de candidature Juppé) et la candidate du Front national (créditée de 29 à 30 %). (…)

Les candidats à la primaire LR auraient – ils peur du peuple ?

Dans Libération une étude signée de Frédéric Alexandre professeur de géographie à Paris-XIII, Etienne Grésillon maître de conférence à l’université Paris-Diderot, Bertrand Sajaloli maître de conférence à l’université d’Orléans, titrée « La primaire à droite et la France des marges, une rencontre non consommée » questionne. Source (Extrait)

(…) … Les «pré-candidats» [LR] à la prochaine élection présidentielle souhaitent naturellement s’adresser à cette «France oubliée», notion dont on mesure le caractère flou et fuyant, souhaitant renouer un contact direct avec le «pays réel», qui se dessinerait géographiquement en creux des lieux habités par les «élites mondialisées».

La carte des déplacements des principaux candidats (…) ne s’adressent pas à l’ensemble de l’électorat, mais à la part supposée acquise à la droite républicaine. (…)

Avec la réserve que la carte mêle des déplacements disparates (…): Le Maire, parti plus tôt, a beaucoup visité les métropoles et les petites villes en milieu rural ; Juppé, plus classiquement, les grandes cités ; Fillon a penché vers la France de l’Ouest, plus catholique ; et derrière les déplacements de Sarkozy dans beaucoup de villes petites et moyennes, on lit la volonté de cibler les fédérations des Républicains comptant beaucoup d’adhérents. (…)

Dans les interstices des quartiers centraux des métropoles, des populations fortement marginalisées sont présentes. Les banlieues ne peuvent se ranger selon une opposition binaire rouge / bleue, populaire / aisée : l’arrondissement de Saint-Denis, dont la population résidente est la plus pauvre de France, correspond en grande partie à la plaine de France, l’un des rares espaces où se créent massivement des emplois depuis une quinzaine d’années. (…)

Par ailleurs, la marge peut être choisie et non subie. C’est le cas de cette France où la peur de l’autre construit des barricades autour des résidences fermées. (…)

La marge ici forme des îlots d’entre-soi social sans que soit dénoncée cette entorse au bien commun urbain. S’adresser au seul électorat, c’est enfin mettre d’emblée en marge toute une partie de la population, (…) formant cette autre France oubliée des campagnes présidentielles. Or, même les plus fortement marginalisés – SDF, migrants, prisonniers… – sont porteurs d’expériences et de connaissances du territoire, offrant des pistes pour renouveler les politiques publiques d’intégration. (…)

L’ électeur de gauche n’ aurait-il qu’ un choix par défaut ?

Pour Remi Lefebvre dans un article paru dans Le Monde, Source (Extrait)

Le sympathisant de gauche tenté par un vote pour Alain Juppé est devenu la figure iconique de la primaire de droite. Ce transfuge en herbe alimente toutes les spéculations et tous les fantasmes. 10 % du corps électoral attendu à la primaire de novembre viendraient de la gauche : ces faux sympathisants feront-ils pencher la balance vers le chantre de l’identité heureuse, plus socialo-compatible ? (…)

Qu’une partie de ses électeurs envisagent de voter pour l’ancien premier ministre, dont les réformes libérales déclenchèrent le mouvement social de novembre-décembre 1995, a de quoi fasciner ou désespérer. (…)