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« Le quinquennat de François Hollande : enlisement ou rétablissement ?»

Jusque dans le titre de son étude sur la politique économique des quatre dernières années, publiée ce lundi, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) refuse de trancher.

Mais à la lecture du document, le diagnostic des années Hollande laisse songeur.

Certes, cette «politique de l’offre» menée depuis 2013, et concrétisée par d’importantes baisses de prélèvements en faveur des entreprises, a placé le tissu productif hexagonal sur de bons rails. Mais ce choix, largement financé par les ménages, a plombé la croissance. Au point de compromettre les effets attendus de cette politique.

Entre le CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) et le pacte de responsabilité, le coût du travail aura ainsi été abaissé, en fin de quinquennat, de quelque 30 milliards d’euros par an (40 milliards à terme avec les baisses de fiscalité). Une politique qui, selon les auteurs de l’étude, a permis de redresser de façon importante les taux de marge des entreprises, «après une période de fortes dégradations». L’effet a été d’autant plus significatif qu’il a été amplifié par un facteur extérieur : la hausse du taux de marge (deux points de valeur ajoutée) est due pour moitié à cette politique de l’offre, mais aussi pour moitié à la chute des prix du pétrole.

Il n’empêche, ce «redressement est particulièrement spectaculaire dans le secteur industriel», avec un taux de marge qui «a atteint un niveau comparable aux records historiques du début des années 2000».

Dans le secteur des services marchands, en revanche, le mouvement est resté plus «modeste». Autre point positif, cette baisse du coût du travail a permis d’enrichir la – faible – croissance du pays en emplois, générant près de 230 000 postes supplémentaires à l’horizon 2017, selon l’OFCE. Un bilan complété par la prime temporaire à l’embauche dans les PME (entre 20 000 et 40 000 emplois).

Le déficit public, enfin, devrait être réduit de 2,4 points de PIB sur l’ensemble du quinquennat, même si la dette, elle, devrait connaître un record à 96,5% du PIB, soit une hausse de 11,3 points sur 2012-2017.

«Choix des entreprises plutôt que du pouvoir d’achat»

Mais cette politique de l’offre menée concomitamment à la consolidation budgétaire a aussi son (gros) revers de la médaille. Ce «choix des entreprises plutôt que du pouvoir d’achat», comme le présente l’OFCE, a conduit la France à être, avec l’Espagne, «le grand pays qui a connu le plus fort ajustement sur sa masse salariale» en Europe. Avec un pouvoir d’achat par ménage en 2016 toujours inférieur de 350 euros par rapport à son niveau de 2010 (début de l’austérité). Avoir voulu réduire le déficit public tout en abaissant massivement les prélèvements des entreprises a également conduit le gouvernement à ponctionner fortement les ménages.

Or «l’erreur a été de sous-estimer l’impact de l’austérité fiscale sur la croissance», explique Mathieu Plane, de l’OFCE. Résultat : la politique de consolidation budgétaire en France et en Europe a coûté à l’Hexagone près de la moitié de sa croissance sur les quatre premières années du quinquennat, limitant la hausse du PIB à 3,8% entre début 2012 et début 2016. Seuls la baisse des prix du pétrole et, ce faisant, les premiers effets de cette politique de l’offre, ont permis de limiter la casse. Le gouvernement a dû doubler l’effort de consolidation Quid, donc, si une autre politique économique avait été menée ?

La France aurait-elle pu doubler sa croissance sur cette période ? «Difficile à dire, répond Mathieu Plane, car il est compliqué d’isoler la France des autres pays de la zone euro, qui ont touts mené, peu ou prou, la même politique de consolidation budgétaire.» Et même si la tempête sur les dettes souveraines s’était, à l’époque, un peu calmée, le continent restait sous la menace des marchés financiers. Bref, «on est tous tombés dans cette politique d’austérité et de dévaluation fiscale».

Reste que la France ne fut pas en reste, dans cette volonté de mener les deux de front, avec une politique de l’offre qui a représenté, avec deux points de PIB, l’équivalent de la baisse du déficit. Autrement dit, le gouvernement a dû doubler l’effort de consolidation budgétaire (via la fiscalité et/ou des économies) pour assurer ces deux objectifs. Et sans effet majeur sur l’emploi. Car quoi qu’il en soit, estime Mathieu Plane, «une politique de l’offre devient inefficace s’il n’y a pas une politique de la demande en face »


Peillon Luc, Libération – Source


En résumé : un quinquennat où le pire du pire, fut évité selon les politiques en place et certains médias … reste que le pire, même présenté enrobé de cette manière est difficile à lire où entendre et pour beaucoup d’entre nous, fut pénalisant et très difficile à vivre, alors que d’autres ont profité de cette période ont fait progresser un matelas déjà bien fourni. Rappelez-moi … combien de chômeurs sur le pavé entre 2012 et 2016 ? MC