A la manière de Vincent Van Gogh

Champ de coquelicots. Interpretation

Champ de coquelicots.
Interprétation – Un essais qui date d’environ 3 ans.

Avec les logiciels actuels c’est à l’évidence par trop facile de « bidouiller » un cliché. Il fut un temps (celui ou j’ai appris le métier de photograveur (1), où il était impossible de « trafiquer » de cette façon un cliché sans passer par un peintre. Les corrections de couleurs se faisaient couleur par couleur Bleu (Cyan), Rouge (Magenta), Jaune (Yellow) et le Noir(Black)-CMYK.

Le noir ne venait qu’affirmer le dessin et apporter de la profondeur et du détail aux ombres. Les Photographes couleurs, les retoucheurs « Chromistes » avaient entre 2 et 4 ans de formation … autres temps, autres mœurs … mais les vieux (dont maintenant je fais partie) gardent au fond d’eux: connaissance et amour de la couleur. Nous savions doser les valeurs en CMYK permettant de restituer une diapositive RVB (Rouge-vert-bleu) après une sélection « artisanale » soustractive tirée d’un immense appareil à soufflets, provenant de filtrage couleur. La reproduction finale prenait entre 15 et 20 jours.

Oui nous avions un respect du travail accompli pour l’édition car nous étions à même d’en mesurer le temps et les efforts de réalisation. Lorsque je lis qu’un livre est lu en numérique mon estomac se tord et je mesure combien d’ouvriers spécialisés sont scandalisés, ont été spoliés par « cette innovation » … qui sait aujourd’hui ce qu’est un incunable, une enluminure, la calligraphie, les différentes familles de caractères, qui connaît les différents papiers, qui a vu un parchemin, qui sait ce qu’est un quadratin, le nombre d’or …

Lorsque tout sera numérique, robotisé qui aura encore du travail et pourra nourrir sa famille ????

Je vois « fleurir » de beaux et louables conseils pour réaliser de beaux clichés, par contre je note avec tristesse que l’art de la composition est absent et enfin que toutes ces recommandations négligent l’après cliché, le moment où la prise de vue doit être reproduite soit pour réaliser une exposition, soit pour servir d’illustration dans l’édition, la publicité, …

L’amoureux de la belle édition, du beau papier, d’une reliure véritable aux fils et dos, du calibrage typographique impeccable tenant compte des césures et l’évitement des tirets, de l’impression de qualité aux couleurs dosées justes parfaitement alignées, de la mise en page respectant les « blancs » … tout ce qui fait la différence avec l’édition quotidienne ou produite à la va vite.

Voilà mon cri !


1- (métier obsolète aujourd’hui « grâce » aux numériques, merci l’avancée technologique qui supprima quelques 1.000 emplois en France, la plus grosse partie dans deux ou trois grandes villes dont 70/75% a Paris)