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Parler se fait rare

Je perds le secret de mon propre langage

Je me fais vieux, je me fais peu

J’ai fort à faire avec mes habitudes

Chien qui m’enseigne à mourir

Je ne sais plus ce que parler veut dire

Et les mots trahis

Les mots épuisés

Font la nuit sur moi

Comme sur la vie

Je perds le secret le goût du langage

Je m’ennuie avec moi

Danger de mort

Mais enthousiasme mes lumières font long feu

Je ne sais plus qui regarder

Non je ne sais plus où me mettre

Les conséquences des désirs

Vieux malheurs vieilles idées

Détritus des jours sans plaisir

Que me reste-t-il pour survivre

Pas même le désir de l’envie

De tout de rien du moindre passe-temps

Passe, passe le temps

Je n’est pas de marraine

Passe, passe le temps

Mon cœur à la semaine

Un souvenir d’amour ne fait pas le printemps

Les mots se dénouent, parler se faire

Comme un oiseau dans un bois nu

Je suis seul et bête mon miroir mes fidèles

Je vous réponds par le d’elle

Et d’elle et d’elle et d’elle

Bons soldats bonne sentinelles

Divorcé de la liberté dernier coup d’aile

O mes amis tous mes amis inconnus.

Luc Decaunes


Note en pré commentaire. Il faut savoir que cette poésie a été écrite en 1943 par Luc Decaunes.

J’ai choisi ce texte en hommage à toutes les personnes qui ont été prisonniers au cours d’un conflit quelconque.