Comment apprendre à faire l’amour ?

Poser la question amènerait à réfléchir sur cet apprentissage essentiel dans lequel l’école occupe une place essentielle.

Posons la question plus souvent : comment avons-nous appris à faire l’amour ? Voilà qui amènerait à réfléchir sur cet apprentissage essentiel, que d’aucuns, par interdit moral, pensent qu’il doit se faire tout seul et rester implicite. L’éducation sexuelle peut s’effectuer au sein des familles, mais souvent la gêne l’entrave. Dès lors, l’école occupe une place essentielle. Or, un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes (HCE) sur le sujet, rendu public la semaine dernière, montre que les failles sont nombreuses.

« L’application effective des obligations légales en matière d’éducation à la sexualité en milieu scolaire demeure encore parcellaire, inégale selon les territoires, [voire] inadaptée à la réalité des jeunes », résume ce rapport. Un regard dans le détail incline à la sévérité. Un quart des établissements ayant participé à l’enquête n’ont mis en place aucune séance, malgré la loi. Les personnels de l’Education nationale sont très peu formés. Si les thématiques de la reproduction, de la contraception, du sida et du « respect » entre les sexes sont abordées, celles des violences sexistes et sexuelles et d’orientation sexuelle sont négligées. Plus précisément encore, 84 % des filles de 13 ans ne savent pas représenter leur sexe quand 53 % sont capables de donner une représentation du sexe masculin, tandis qu’une fille de 15 ans sur quatre ignore qu’elle a un clitoris.

On ne peut s’étonner que les jeunes se tournent vers Internet, les réseaux sociaux ou les pornos pour trouver des réponses à leurs questions. Mais pour quelles réponses stéréotypées ? C’est ainsi que les inégalités entre les sexes sont perpétuées : « Les jeunes filles subissent la double injonction de devoir se montrer désirables mais respectables, “être amoureuse” étant un prérequis pour ne pas devenir celle qui “couche” trop vite avec “n’importe qui”, note le rapport. Les jeunes hommes sont quant à eux valorisés selon une norme de virilité, et notamment une appétence supposée naturelle pour la sexualité, associée à un “besoin”. »

Pour remédier à cette situation, le HCE multiplie les recommandations que l’État serait bien inspiré de suivre. Ce serait aussi une bonne façon de lutter contre les calotins censeurs, hantés par le démon du sexe, et tous les Baupin du monde.

Christophe Kantcheff – Source

2 réflexions sur “Comment apprendre à faire l’amour ?

  1. fanfan la rêveuse 12/07/2016 / 08:37

    Effectivement il y a beaucoup à faire en la matière.
    Je ne crois pas que cela soit du ressort de l’éducation nationale mais bien plus du milieu familial.
    Il faut qu’en même admettre, que cela est mieux, il n’y a pas si longtemps ce sujet était complètement tabou.
    Je crois qu’avant toute chose il faut mettre l’accent sur la beauté de l’amour et ses sentiments et non en parler comme un acte. Ensuite expliquer les corps et leurs fonctionnements, me semblent être les bases. Effectivement dire aux jeunes demoiselles qu’elles doivent s’explorer afin de vivre pleinement ensuite, leur sexualité. Une femme qui se connait est épanouie, elle rend donc plus heureux encore son partenaire.
    Pour autant, il ne faut pas oublier que cela est aussi une histoire d’affinités entre deux êtres.
    Depuis la nuit des temps la gente masculine est mise à l’honneur en ce domaine. Un garçon qui papillonne est normal, il n’est pas jugé. Une fille, n’a pas le droit, elle est jugée immédiatement…

    • Libre jugement - Libres propos 12/07/2016 / 11:24

      Depuis l’information sur les différents modes de protection et le droit a l’avortement, puis la multiplication d’avertissements sur les relations entre partenaires, la vulgarisation de l’achat et l’emploi de protection masculine, des explications théoriques en univers scolaires de la reproduction florale, animale et pour finir la mixité en milieu scolarisé; ont heureusement apportés des informations sur la reproduction.
      Comme le dit le commentaire, il s’agit bien d’une avancée au regard de l’éducation (ou plutôt de l’absence) pratiquée avant la guerre de 40 jusque près de 1968 …

      Maintenant faut-il banaliser l’acte sexuel selon le mode de vie suédois en concevant des jouets sexués afin d’apprendre aux touts petits « emboiter » papa ours dans maman ourse?
      S’il n’est pas question de laisser affirmer que l’acte doit être réservé uniquement a la procréation, comme dit dans les milieux religieux, Il est important aussi que l’acte soit partagé et non subit… combien de divorce, séparation ….

Laisser un commentaire