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Accepter, ou pas, de rentrer dans une grande coalition dirigée par le Parti populaire. C’est le dilemme auquel vont être soumis les socialistes espagnols dans les prochaines semaines. Mais pour le moment, l’heure est aux comptes au sein de la gauche espagnole, après les résultats des élections législatives de dimanche.

Tous les pronostics prévoyaient la grande victoire de Podemos, c’est finalement la bonne résistance du parti socialiste qui a créé la surprise dans le camp progressiste. Le PSOE conserve en effet, contre toute attente, son poste de premier parti de gauche, barrant la route aux amis de Pablo Iglesias, qui avaient tout misé sur un « dépassement ».

  • Machine de guerre

La liste unique Unidos Podemos, en alliance avec les communistes d’Izquierda Unida, avait pourtant été conçue comme un machine de guerre pour envoyer les socialistes aux oubliettes de l’histoire. Au bout du compte, elle a perdu un million de votes par rapport aux résultats des deux formations en décembre, lorsqu’elles avançaient séparément, et, avec 71 députés, elle reste nettement en deçà des 85 sièges obtenus par le PSOE

  • Les socialistes conservent leur rang de leader de la gauche

Annoncés par avance comme les grands perdants de ce scrutin, les socialistes ont sauvé les meubles et conservent surtout leur rang de leader de la gauche, même s’ils baissent de 5 sièges. C’est un soulagement relatif pour le candidat du PSOE, Pedro Sanchez, qui est attendu au conseil fédéral de son parti, le 9 juillet prochain, pour faire face aux critiques qui pleuvent au sein de l’état-major. Lors de la réunion, les sages du PSOE devront aussi décider s’ils acceptent, ou non, d’entrer dans la grande coalition proposée par Rajoy pour donner de la stabilité au prochain gouvernement.

Du côté de Podemos, c’est la consternation qui règne. Le retour à la réalité est rude pour Pablo Iglesias et sa garde rapprochée, constituée d’universitaires issus de la faculté de sciences politiques qui croyaient tout connaître en stratégie électorale. L’électorat socialiste aura donc plutôt bien résisté, agacé par l’offensive de charme de ceux qui prétendaient prendre la relève du vénérable PSOE.

Reste maintenant, à évaluer les rapports de force, au sein d’une gauche en pleine transformation. Mais personne n’oubliera que c’est le refus de Podemos de voter l’investiture de Pedro Sanchez au Parlement, en mars dernier, qui a conduit à ces nouvelles élections qui renforcent Mariano Rajoy. Elles se sont transformées comme deuxième chance pour le président sortant. Il n’aurait pas rêvé mieux pour décrocher un nouveau mandat.

Thibaud Cécile, « les échos »  source