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Ordinateurs, tablettes, smartphones et autres baladeurs numériques… ont envahi notre quotidien. Pourvoyeurs de communications permanentes, ils induisent de nouveaux comportements et habitudes de vie qui n’épargnent pas notre sommeil.

Au travail, les jours de repos ou en vacances, Paul ne se sépare jamais de sa tablette ou de son smartphone. Y compris le soir, au lit : il communique avec ses amis via les réseaux sociaux, écrit des courriels, répond aux SMS. Il joue aussi parfois en ligne.

Ces appareils, qui lui envoient en continu alertes et autres bips sonores, restent allumés en permanence. Résultat : au moment de dormir, il n’est jamais vraiment détendu, son esprit reste à l’affût. Et, lorsqu’il finit par tomber dans les bras de Morphée, la nuit est déjà bien avancée.

Générateurs de comportements néfastes

Les écrans, sont partout. Nous pouvons être connectés 24 h sur 24, de jour comme de nuit. Comme le dévoile une enquête à ce sujet*, nos habitudes de vie s’en trouvent modifiées. Tout comme Paul, environ 8 Français sur 10 utilisent leurs ordinateurs, tablettes, smartphones, le soir après le dîner et presque 4 sur 10 les emploient dans leur lit. Ils sont aussi 20% à dormir avec au moins un smartphone en fonctionnement dans leur chambre.

La moitié de ces dormeurs « sentinelles » sont réveillés par les sonneries de leurs appareils. Parmi eux, presque tous consultent leurs messages. Non sans conséquences sur la qualité et la durée de leur sommeil.

De fait, ces adeptes de nouvelles technologies en soirée passent plus de temps au lit avant d’éteindre leur lumière et, après avoir enfin éteint, s’endorment plus lentement. Ils sont également plus nombreux que les autres à souffrir d’un manque de sommeil et de troubles de son rythme : 49 % de ceux ayant un ordinateur en fonctionnement ou en veille dans leur chambre signalent des troubles du sommeil, contre 36% de la population française. Rien d’étonnant car les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) stimulent le cerveau et poussent à l’addiction.

D’autre part, s’exposer tardivement à leur lumière perturbe l’horloge biologique. Résultat : les conditions d’un endormissement rapide et d’un sommeil récupérateur ne sont plus remplies.

Les jeunes plus sévèrement touchés

Parmi les utilisateurs nocturnes, les jeunes prédominent de manière significative : plus de la moitié ont entre 18 et 34 ans. Étant les plus « accros » aux NTIC, ils passent de très nombreuses heures devant un écran, dont une bonne part le soir et la nuit. Ils sont aussi près d’un quart à ne jamais se déconnecter pendant leurs jours de repos ou de vacances. Ils sont donc les plus menacés quant à la durée et à la qualité de leur sommeil. Les chiffres le confirment. Leur temps au lit avant d’éteindre- en augmentation depuis 2012 – est plus long : 36 minutes en moyenne, et même 46 chez les 18-24 ans, contre 19 minutes chez ceux du même âge qui ne sont pas accros. Leurs réveils nocturnes s’avèrent également allongés : 24 minutes en 2015, contre 17 en 2012.

Ces jeunes sont aussi plus nombreux à être somnolents dans la journée : plus du quart des 18-24 ans, contre près de 10% des non utilisateurs de NTIC le soir. De plus, leur sommeil est doublement en péril. Car; restant plus de temps devant leur écran, ils en passent moins à l’extérieur en journée et se privent d’une exposition bénéfique à la lumière.

De manière générale, s’il n’est pas question pour autant de bannir écrans et connexions, il est important de penser à se préserver Comment ? En dégageant un espace-temps pour soi, sans stimulation extérieure. En respectant ses nuits. Notre santé et notre bien-être en dépendent.


Claire Reuillon


Enquête INVS/MGEN sur le thème « Sommeil et nouvelles technologies », réalisée en ligne par OpinionWay du 3 au 13 décembre 2015 auprès de I 013 Français âgés de 18 à 65 ans.


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