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Une revue de presse portant un éclairage singulier, en plein désarroi, se cherchant tout en jouant au chat et à la souris, chacun voulant conserver une part d’autonomie, de libre expression et choix, dans un rassemblement souhaité, mais sur quel contrat présidentiel et tout en tenant compte des enjeux pour obtenir le maximum d’élus de gauche ? MC

Pour Laurent Corinne, La Croix du 02 juin 2016

(…) Le principal enjeu du congrès est de débattre et voter le « projet de base commune ». Autrement dit les textes d’orientation, au nombre de trois : « Le temps du commun », c’est-à-dire le projet du PCF, « 2017 : une autre voie pour l’avenir de la France », pour préparer les prochaines échéances électorales, et « Des transformations utiles et concrètes pour un Parti communiste de nouvelle génération », pour élaborer une pratique militante plus citoyenne. Soumis par la direction, ces trois textes ont été adoptés à 90 %, 81 % et 88 % par le conseil national du parti, début mars. Cependant, le vote des adhérents communistes, début mai, n’a pas montré le même unanimisme. Appelés à se prononcer sur cette « base commune » de la direction – et sur quatre textes alternatifs –, ils ne l’ont approuvée qu’à 51,20 %. (…)

Conséquence de ce désaveu : il n’est plus question de primaire mais d’adopter un « appel » à poursuivre les efforts jusqu’à l’automne pour « obtenir une candidature commune d’alternative à gauche, (…) », a expliqué Pierre Laurent sur LCI. Le but est d’annoncer la constitution, d’ici à début novembre, d’un « socle politique commun avec les forces de gauche qui veulent une rupture avec la politique gouvernementale actuelle ». Puis ce « socle » sera proposé à « l’ensemble du Front de gauche, donc Jean-Luc Mélenchon, les communistes, mais aussi des socialistes, des écologistes ». Or (…) avec [Jean-Luc Mélenchon et sa] candidature en solo, c’est la question de la légitimité même du Front de gauche, réunissant le PCF et le Parti de gauche [plus de multiples mouvances gauchisantes], qui est posée, (…)

Pour Dusseaulx Anne-Charlotte, Jdd.fr du 03 juin 2016

Pierre Laurent n’a pas renoncé à voir émerger une candidature alternative à gauche. « Nous voulons poursuivre jusqu’à l’automne, avec détermination, nos efforts pour la construction d’un socle politique commun aux forces de gauche qui veulent la rupture avec la politique actuelle pour une candidature commune en 2017 », a-t-il expliqué mardi devant plusieurs journalistes. Avec qui? « Les autres forces du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon compris; les écologistes; et au PS, ceux qui sont prêts à rentrer dans ce processus » notamment.

Pour Ravinel Sophie, Le Figaro du 03 juin 2016

Jean-Luc Mélenchon, parti en campagne sans avoir ni l’avis ni l’aval de ses anciens partenaires du Front de gauche de 2012. Et c’est bien, essentiellement, ce qui lui est reproché… Les communistes n’aiment pas être mis devant le fait accompli. « Il ne faudrait pas nous confondre avec de simples colleurs d’affiches et pourvoyeurs de fond », s’est agacé en marge Pierre Laurent. Au-delà, la direction craint de prendre son avenir au piège d’une candidature trop radicale à la présidentielle, susceptible de rompre les derniers ponts avec des partenaires socialistes pourvoyeurs d’alliances aux législatives. De son côté, Mélenchon, dont c’est probablement la dernière campagne, n’a rien à perdre sauf ses dernières illusions. Le PCF, lui, a beaucoup plus à craindre. Ses élus – dont les parlementaires – sont sa dernière force et une source de financement non négligeable. Quelque peu coincé, Pierre Laurent a, ces derniers jours, joué l’offensé, pointant le fait que Jean-Luc Mélenchon ait osé organiser son premier grand meeting de campagne, dimanche à Paris, place de Stalingrad, jour de la clôture du congrès communiste. La direction du PCF se dit que les dés de la présidentielle ne sont pas définitivement jetés. « Personne ne croit que le paysage à gauche ne sera constitué que de François Hollande et de Jean-Luc Mélenchon », prévient leur porte-parole, Olivier Dartigolle.

Pour Besse Desmoulières Raphaëlle, Le Monde du 03 juin 2016

C’est un petit séisme qui a ébranlé la maison communiste. Début mai, le texte présenté par la direction en vue du congrès du Parti communiste, qui se tient du 2 au 5 juin à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), n’a obtenu qu’une très courte majorité (51,2 %). Une première. A Paris, il a été même mis en minorité (49,6 %). « A quatre voix près », rappelle le secrétaire fédéral de la capitale, Igor Zamichiei. La stratégie de l’exécutif national pour 2017 a provoqué de vives secousses. En toile de fond, le rapport à la social-démocratie. La primaire à gauche – à laquelle plus grand monde ne croit – a cristallisé les tensions. Le secrétaire national, Pierre Laurent, a défendu cette option tout en hésitant sur son périmètre – avec ou sans François Hollande. Pour lui, elle était la seule à même d’éviter l’élimination de la gauche au second tour. Comme le résume André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée :  » Cela a créé de la confusion et comme on dit : “Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup.”