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Il y avait des élections législatives partielles ce dimanche 22 mai 2016 en Loire-Atlantique, Nice et Strasbourg. Qu’en penser ?

Pour Fourquet Jérôme, Atlantico – Source

(…) L’abstention est une variable primordiale de ces scrutins : dans des phénomènes comme celui-ci où elle est particulièrement élevée, on constate toujours une très forte prime au camp qui parvient à mobiliser son coeur électoral.

Manifestement, Marine Brenier, candidate pour Les Républicains dans le fief de Christian Estrosi (homme fort de PACA et de Nice désormais), a su bien mieux mobiliser (ou au moins, moins mal) son électorat que ses concurrents. C’est ainsi qu’elle atteint presque la barre des 50% au premier tour. Du reste, il est néanmoins difficile de dresser de grandes tendances communes. Ces scrutins sont très différents et souffrent tous deux d’une forte abstention.

Toutefois, il est possible de dresser des parallèles avec des précédents scrutins de législatives partielles en Loire-Atlantique. En effet, contrairement à ce que nous avions pu constater sur d’autres élections partielles, le Front national ne parvient plus à percer. Il ne s’agit pas de dire que la dynamique qui l’a porté jusqu’aux régionales est désormais enrayée, mais le fait est qu’il n’y a pas, aujourd’hui, une poursuite de cette tendance dans les urnes dans ces deux élections partielles.

Cependant, les trois circonscriptions concernées n’étaient pas non plus les plus actives ou les plus favorables au Front national. Strasbourg correspond davantage à une circonscription de gauche, majoritairement composée de quartiers populaires.

La circonscription de Loire-Atlantique n’était rien d’autre que le fief de Jean-Marc Ayrault, quant à Nice il s’agit d’un bastion de droite classique, puisqu’il s’agit du fief personnel de Christian Estrosi. Il s’avère que l’électorat du Front national a lui aussi boudé les urnes.

C’est une évolution vis-à-vis d’autres élections partielles qui ont eu lieu en 2015 : jusqu’à présent, le FN bénéficiait globalement d’une surmobilisation de son électorat. Bien sûr, les circonstances restent spécifiques : la marque et l’impact de Christian Estrosi sur sa circonscription est manifeste. Dans le Bas-Rhin, la situation est plus complexe : la droite recule, mais l’UDI n’est pas incorporé dans le score. Ce n’est donc pas nécessairement la claque annoncé pour Les Républicains.

Qui sont les véritables vainqueurs de ces deux élections, en termes de tendance, par rapport au scrutin précédent ?

A Nice, c’est très clair : Christian Estrosi fait manifestement l’objet d’un satisfecit, dans la mesure où Marine Brenier, sa candidate et suppléante, est pratiquement mise sur orbite dès le premier tour, jouissant d’un score particulièrement important. Au cours des régionales, son combat contre le Front national a été particulièrement rude : sur l’ensemble des Alpes-maritimes, il n’avait finalement que quelques voix d’avance. Pour autant, dans son fief, il apparaît en capacité d’écarter la menace frontiste.

En Alsace, le Parti socialiste conserve la première place, malgré une perte de 12% des voix. Le FN fait un score loin d’être glorieux, puisqu’il n’atteint que 10,44% des suffrages. (…) Alsace comme Alpes-maritimes sont des bastions historiques du Front national. (…) Notons que si l’Alsace est moins prompte à voter FN que par le passé, le coeur de la métropole strasbourgeoise constitue une terre de mission pour le parti frontiste. (…)

Autre point très important, comme on l’a déjà dit, c’est que l’abstention est particulièrement conséquente dans ce scrutin et qu’elle pénalise également le Front national : c’est une information en soi ! Ce n’était pas le cas durant les précédents scrutins comparables à celui-ci. (…) Sans doute faut-il y voir un effet démobilisateur dû au non-aboutissement des élections régionales. En dépit d’un très bon score au premier tour, le Front national n’a pas su remporter de région, et il est probable qu’une frange de l’électorat frontiste souffre aujourd’hui d’une certaine forme de vague-à-l’âme, (…)


Pour Le Monde – Source

(…) Le candidat PS en tête dans le Bas-Rhin

M. Elkouby, un proche du député sortant Armand Jung – démissionnaire pour des raisons de santé – a recueilli 30,48 % des suffrages, contre 19 % à son principal concurrent, Jean-Emmanuel Robert (Les Républicains, LR), qu’il affrontera donc en duel au second tour.

(…) Le scrutin, (…) a été marqué par une très faible participation, de 22,28 % seulement. Le Front national (FN), représenté par Andréa Didelot, recueille, de son côté, 10,44 %, (…). Le candidat Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Simon Baumert, 9,26 %, Laurent Py, de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) 7,64 %. (…)

La candidate LR en tête dans les Alpes-Maritimes

(…) Moins d’un électeur sur quatre s’étant déplacé aux urnes, le taux de participation s’établit à 23,33 %. Huit candidats s’affrontaient.

Marine Brenier, 29 ans, adjointe au maire de Nice et conseillère départementale, devance le frontiste Michel Brutti, qui a rassemblé 30,7 % (…). Le second tour, dimanche 29 mai, les opposera dans un duel où la candidate Les Républicains, dont le suppléant n’est autre que Christian Estrosi, apparaît largement favorite pour siéger à l’Assemblée nationale.

Le grand perdant du scrutin est le PS avec 6,5% des voix, (…). La formation avait attendu le dernier jour pour désigner Chaama Graillat, (…) secrétaire de section du PS à Nice (…). Elle est devancée par le candidat du Front de gauche, Philippe Pellegrini (7,5 %).


Loire-Atlantique. Par « 20 minutes » Source

L’enjeu est simple : élire le député de la troisième circonscription de Loire-Atlantique (ouest de l’agglomération nantaise) qui succédera à Jean-Marc Ayrault à l’Assemblée nationale. Le second tour se résume en un duel droite-gauche entre deux candidats : Karine Daniel (PS), 30,41 % des voix,  et Mattthieu Annereau (Les Républicains) 23,54 % des suffrages.

La participation, extrêmement faible dimanche dernier (25 %), amène en effet à relativiser les écarts. (…) Si Karine Daniel part, sur le papier, avec un avantage certain en raison de réserves de voix supérieures (EELV 17,05% et le PC 5,04% au premier tour), Matthieu Annereau est encore loin d’être battu qui espère bénéficier d’une partie des voix du FN (11,30 %).