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On comprend bien la tentative des supporters de la primaire à gauche. Sauver à tout prix la possibilité d’une présence de « la gauche » au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Au-delà du fait que même unie en toutes ses composantes rien n’indique que « la gauche » pourrait pour autant assurer cette présence face à la droite et l’extrême droite, tant son étiage électoral global est (historiquement) bas, cette tentative se heurte a bien autre chose qu’à la (…) [l’entente] des partis politiques qui la composent. Car cette tentative repose sur un certain nombre d’idées qui relèvent désormais plus de la fiction que du réel.

Premièrement cette idée qu’il demeurerait « un peuple de gauche » qui reviendrait à ses amours si la « gauche » présentait un « vrai » programme de gauche uni et même « commun » ! Comme si il y avait là une armée de réserve qui n’attendrait que ça, notamment chez les abstentionnistes et votes blancs.

(…) « La gauche » dans sa globalité, gauche de la gauche inclue, à l’électorat qui s’éloigne désormais le plus des catégories populaires et des jeunes. Celui le plus diplômé, le plus en phase avec les opportunités liées à la mondialisation. La tentative de préserver voir d’élargir son électorat désormais « naturel » passe par l’obligation de faire les politiques sur lesquelles le cœur de cet électorat, classes moyennes aisées, classes supérieures se retrouve. (…)

Deuxièmement l’idée qu’on peut effacer tout de l’expérience vécue par les populations, bien plus douloureusement encore que par les militants de gauche. Que des partis politiques de gauche trouveraient un programme, « commun », ouvertement présidentiel, qui cette fois-ci, se dégagerait des mêmes politiques suivies par la droite et la gauche et qui, cette fois ci, serait scrupuleusement et honnêtement appliqué. C’est juré !

Qui peut encore croire à ce genre de fable ?

N’est-ce pas là dénier l’expérience comme l’expression la plus massive, la plus unie et la plus majoritaire de la population ? Pourquoi cette fois ci, en utilisant toujours les mêmes méthodes, en les exacerbant même, ça marcherait ? Pourquoi ne pas prendre au sérieux la défiance absolue désormais des populations vis-à-vis des partis politiques, de leurs façons de produire des programmes dont les électeurs savent pertinemment qu’ils ne seront pas appliqués ?

A ce sujet il faut prévoir que la droite arrivant au pouvoir s’apprête à jouer, du moins à tenter, un coup de maître, un coup de massue. Forte du très puissant discrédit lié au non application par Hollande de son programme de 2012, s’appuyant sur le cadre institutionnel autoritaire maintenu et aggravé par lui, la droite va tenter d’appliquer réellement ce que sa cohorte de présidentiable annonce unanimement : prendre le maximum de mesures réactionnaires et ultra libérales dans un minimum de temps. (…)

Didier Le Scornet – Source (Extrait)



Hollande a repris exactement la même gestion que Sarkozy son prédécesseur, et nul doute que le prochain président de la république certainement « de droite » à moins que dans une extrême folie les électeurs choisissent Marine le Pen, poursuivra la casse du modèle social institué par le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) appliqué à la Libération.

La France terre de paradoxe est composée d’une partie non négligeable de personnes de plus en plus pauvres, de nombreux chômeurs ou précaires, d’un nombre important d’associations caritatives (au demeurant nécessaires) pour combler la carence d’emplois rémunérés de l’État et des entreprises et à l’extrême d’un nombre important de privilégier classer haut dans la hiérarchie des plus fortunés du monde.

Alors à quand se constituera sur les cendres de trop nombreux groupuscules gauchisants et de partis politiques, une gauche qui appliquera un programme social, répartiteur, égalitaire en droit et en devoir ?

MC