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Après une journée de suspense haletant, l’Autriche connait son nouveau président : l’écologiste Alexander Van der Bellen. Le candidat d’extrême droite a reconnu sa défaite, après le dépouillement des votes par correspondance.

Van der Bellen ne partait pas favori de cette élection. Universitaire à la retraite, économiste un peu austère de 72 ans, il a dirigé les Verts autrichiens pendant une dizaine d’année avant de se présenter comme indépendant. Van der Bellen a fait campagne au centre, dans l’espoir de rassembler un vaste front anti extrême droite. Une infime majorité d’Autrichien a plutôt voté contre le FPÖ que pour lui.

Car en face, malgré le discours très lisse de son représentant Norbert Hofer, c’est l’extrême droite pure et dure qui était en embuscade. «C’est un espoir. Comme en Allemagne dans les années 30 mais en moins violent » disaient dimanche soir les militants FPÖ en voyant leur parti à 51,9%, avant le décompte des 900.000 votes par correspondance. Un espoir partagé en France par le Front National, et Florian Philippot, vice-président du FN qui se réjouissait « qu’il puisse y avoir une majorité pour un candidat qui porte des idées différentes de ce qu’on nous sert depuis des décennies, l’identité nationale, la souveraineté nationale, et je crois d’une certaine forme de rébellion démocratique par rapport à l’UE ».

« Quand on parle de Norbert Hofer, on parle de quelqu’un fasciné par l’idéologie de la Grande Allemagne. On parle de quelqu’un qui a été sorti du chapeau par un chef de parti qui a frayé dans le milieu néonazi », rappellait dans un éditorial Christian Rainer, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Profil, faisant référence à Jörg Haider, ouvertement admirateur des Waffen-SS Nazis.

Ce scrutin est peut-être le dernier avertissement avant que l’extrême-droite ne soit en mesure de s’emparer de leviers de pouvoirs décisifs en Europe. Après la percée d’afD aux élections régionales allemandes, et celle de l’extrême-droite aux élections législatives slovaques, et vu le niveau du Front national en France, ces élections montrent que les sentiments xénophobes et de repli identitaire travaillent une large part des populations européennes.

L’Union Européenne porte une lourde responsabilité. Il faut rompre avec l’austérité et l’autoritarisme. L’heure est à la mobilisation de de toutes les forces de progrès pour répondre aux urgences démocratiques et sociales en Europe.

Quand, comme en Autriche, un chancelier social-démocrate gouverne avec la droite pour légitimer le discours de l’extrême-droite, cette dernière en tire des profits immédiats. L’heure est à la construction de politiques qui s’appuient sur la justice, la solidarité et sur l’impératif de souveraineté des peuples.

Norbert Hofer avait averti à la veille de l’élection qu’il serait « vigilant » sur le décompte de ces votes par correspondance qui ont renversé la balance, agitant la possibilité que « des complices du système politique actuel » manipulent les résultats au profit de Van der Bellen. Il a toutefois reconnu sa défaite,  mais a promis qu’il se représenterait.

Comme au premier tour, Hofer a recueilli majoritairement les suffrages des électeurs masculins (54%), sans diplôme du second degré (58%), ainsi que des zones rurales. Van der Bellen est parvenu lui à séduire plutôt l’électorat jeune (56%).

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