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Avant de tirer à vue sur l’attitude des médias télévisuels d’informations, je tiens à préciser mon émoi pour toutes les personnes disparues –passagers et membres d’équipages– dans le crash d’Egyptair et ce, quelle qu’en soit la cause.

À peine connue les chaînes d’informations dites 24h/24, BFM TV, I Télé, LCI ont rapidement activé l’exceptionnel dispositif et réveillé leurs informateurs experts, les messieurs (car il ne saurait y avoir de femmes expertes) « je sais déjà tout mais je ne peux pas tout dire »,  peu ou prou spécialistes de l’aéronautique, du terrorisme, de la surveillance aéroportuaire, de magistrats spécialistes, etc.

Pour combler cette information exceptionnelle pour laquelle ils ne disposent que d’une certitude : « l’avion a disparu des radars », les experts allongent les possibles sans aucun repères valable …  et que je t’envoie un petit coup de compassion aux familles, alors qu’il s’agit -quelle aubaine pour les actionnaires des chaînes-  avant tout d’assurer une information redondante permettant de vendre des pages de publicité à des coûts exceptionnels …  « grâce » à une information exceptionnelle !

Qu’importe s’il faut ressasser à longueur de journée la question « quelles sont les hypothèses en présence » l’important est d’occuper l’antenne.

Ne sachant trop que dire, l’expert commence après quelques instants de flottement et cherche des synonymes aux mots employés précédemment, avant d’exposer pour la énième fois « que lorsqu’un avion disparaît des radars sans avoir donné un signal préalable de détresse, c’est que quelque chose d’inhabituel c’est produit en vol ».

Voilà bien chers auditeurs ou téléspectateurs, la réponse aussi évidente, que vous auriez pu vous faire, sans avoir besoin de l’éclairage d’un expert.

Observons que pendant que l’on parle de cet accident (qui je le rappelle est catastrophique pour les familles endeuillées), il n’est pas question de donner des informations sur le parcours sénatorial de la loi El Khomri, les différents au sein des différents partis, l’orgueil ou indélicatesse de certains ministres, les conflits internationaux, affaire Baupin (disparue elle aussi des radars), etc.

Tout juste est-il permis de relater 45 seconde « l’attaque » dont furent victimes deux agents de police et la destruction de leur voiture, de citer rapidement sans en développer les raisons « le désordre procurer par les grèves diverses » ; restera quelques faits divers a signaler de quelques mots qui pourront « adoucir » et clore les informations avant de laisser s’ébattre entre 5 et 12 minutes de publicité, et de reprendre en boucle bien huilée, un nouveau cycle avec les mêmes informations sans, ni plus ni moins de vérité.

Il sera tout juste évoqué par des ministres l’empathie du gouvernement, le signalement d’une mise à disposition d’un lieu d’information, de renseignements, de recueillement, laquelle information disparaîtra au fil des rediffusions pour ne plus apparaître qu’à travers quelques secondes d’images non commentées.

Il n’est pas question d’occulter l’information qu’elle soit horrible ou joyeuse, catastrophique ou risible, pour autant faut-il en faire des tonnes alors que chacun le sait, avant de pouvoir entrevoir la vérité il faut un certain nombre d’analyses recoupées qui automatiquement nécessitent du temps, pour essayer d’entrevoir ce qui s’est réellement passé.

MC


Les États-Unis et la France se sont associés aux recherches. (…) D’autre part, l’armée grecque a dépêché plusieurs avions et une frégate dans cette zone. Chypre, le Royaume-Uni, l’Italie aussi participent aux recherches, selon l’armée égyptienne.

Car l’épave n’a toujours pas été localisée, malgré une annonce un peu hâtive du ministère égyptien de l’aviation civile. (…). Selon le président du comité de sécurité aérienne grec, Athanassios Binos, les débris retrouvés dans la zone proche du point de chute présumé du vol d’Egyptair « ne proviennent pas d’un avion ».

Aucune hypothèse écartée

(…) … « Toutes les hypothèses sont examinées mais aucune n’est privilégiée », a déclaré vendredi le ministre des affaires étrangères français Jean-Marc Ayrault à France 2 évoquant l’accident. Parmi les passagers – dont deux bébés et un enfant – figuraient 30 Egyptiens, 15 Français, et des ressortissants de 10 autres pays, a précisé EgyptAir.

Enquête menée par Le Caire

(…) Conformément aux règles édictées par l’ONU, Le Caire aura la responsabilité de l’enquête avec l’assistance de plusieurs pays concernés, dont la France, où l’avion a été assemblé, et les États-Unis, où est basé le fabricant des réacteurs Pratt & Whitney qui équipaient l’avion.

Airbus indique que l’appareil, un A320 équipé de réacteurs Pratt & Whitney, a été livré à EgyptAir en novembre 2003 et qu’il comptait quelque 48 000 heures de vol. Le pilote avait environ 6 275 heures d’expérience, dont plus de 2 000 sur A320, et le copilote 2 766 heures, a précisé de son côté EgyptAir.

Le Monde.fr – (extraits) – Source