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Après la suspension de la présidente de gauche Dilma Rousseff, le vice-président Michel Temer, un libéral de centre-droit, arrive aux affaires. Mais le pays est encore bien loin de voir le bout du tunnel, estiment nombre de médias brésiliens.

Un air d’optimisme flotte sur le Planalto”, se réjouit le quotidien O Globo au lendemain de l’investiture de Michel Temer à la présidence de la République. Ce dernier, jusque-là vice-président, prend pour six mois la direction des affaires après la suspension le 12 mai de Dilma Rousseff, qui affrontera un procès en destitution.

Le nouveau président se veut rassurant et consensuel, souligne le quotidien :

À cet égard, juge O Globo, les choses se présentent bien : Michel Temer, issu du parti de centre-droit PMDB (Parti du Mouvement démocratique du Brésil) était entouré de nombreux parlementaires lors de sa prise de parole. De fait, concède le journal, pour un président non élu, “rien ne pourra se faire pour sortir de la crise sans l’appui du législatif”.

Le président par intérim, sur lequel “pèse le poids de ne pas être passé par les urnes”, note pour sa part El País Brasil, table sur les deux ans et demi qu’il pourrait avoir devant lui avant l’élection présidentielle (en cas de destitution de la présidente) “pour dissiper le pessimisme et le climat belliqueux qui divise le pays depuis deux ans, suite aux dissenssions politiques et aux dénonciations sur la corruption dans le cadre de l’opération mains propres Lava Jato” [sur l’affaire Petrobras].

Un gouvernement sans femme

Mais les premiers pas de Michel Temer sont plutôt décevants et n’augurent pas une sortie de crise, ni politique ni économique, analyse de son côté Fohla de São Paulo. En matière d’économie, le nouveau président, certes, “assume sans détours un discours libéral. Il évoque l’idée de restreindre la puissance publique et souligne l’importance des partenariats avec le secteur privé afin que le pays renoue avec la croissance”. Mais ses propos restent peu concrets, juge Fohla.

Unanime, la presse lui reproche déjà d’avoir nommé un gouvernement sans femme. “Du jamais vu depuis la dictature dans les années 1970”, rappelle le quotidien, tandis que O Globo titre sur “les critiques que soulève l’absence de femmes et de noirs dans le gouvernement”.

Aucune de celles-ci, à l’Assemblée, ne représente plus de 14 % des sièges. Un morcellement “qui fragilise tout président”, car celui-ci se voit obligé de “distribuer des portefeuilles et des postes et d’enclencher des pratiques illicites dans l’espoir de former une coalition”.

En somme, conclut Carta Capital, “nous voici avec un nouveau président et les mêmes problèmes”.


Sabine Grandadam – Courrier int. – Source