La Pianiste …

J’ai regardé hier soir le film « La Pianiste » de Michael Haneke  avec Isabelle Huppert, Benoît Maginel, Annie Girardot, etc.

Ce drame ayant reçu trois prix au festival de Cannes 2001 est intrigant, met mal à l’aise. J’avais vu du même réalisateur « Amour » que je n’avais pas spécialement aimé mais avais reconnu des qualités aux découpages, aux comédiens tous les deux admirables mais le sujet ne m’a pas spécialement intéressé

Le synopsis du film « La pianiste ».

Erika, (Isabelle Huppert) est une professeure de piano sans concession, présentant une certaine froideur distanciée auprès de ses élèves et confrères, au Conservatoire de Vienne. Célibataire endurcie en cohabitation chez une mère acariâtre et assez instable mentalement (Annie Girardot visiblement très diminuée par cette maladie qui l’emportera plusieurs mois après la sortie du film).

Erika laisse libre cours à sa sexualité débridée fréquentant les boutiques X, les cinémas porno et les peep-shows, se complaît dans un voyeurisme morbide, ayant recours a des mutilations masochiste. Au cours d’une soirée concert, elle fait la connaissance de Walter (Benoît Maginel) bellâtre snob et accessoirement pianiste d’une vingtaine d’années qui s’entichera d’Erika. Walter intriguera pour être admis au conservatoire et rejoindre Erika comme professeure de là, s’ensuivra une relation troublante, mouvementée et perverse entre le maître et son disciple.

J’ai trouvé les critiques bien disposées à l’égard de ce film. « Une couche de vernis pervers qui cache le récit d’une histoire d’amour manquée et le portrait d’une fille névrosée ». Pour Première quant à Libération … « Cette fois, bon gré mal gré, il (Haneke) parle tout simplement d’une passion triste et d’une souffrance abyssale. Voilà pourquoi, au lieu de choquer, sa Pianiste émeut. »

Pour ma part j’ai toujours beaucoup de mal à reconnaître les grandes qualités de comédienne que l’on accorde à Isabelle Huppert d’une part, d’autre part l’accumulation de scènes masochistes quelquefois hyperréalistes, ne sont pas inscrites dans mes déviances personnelles –si toutefois j’ai quelques déviances.

Ensuite les apparitions de la mère, jouée par Annie Girardot, sont difficilement soutenables dans la mesure où visiblement on voit évoluer une femme au seuil d’une maladie avancée, on tient compte (peut-être involontairement ou pour ceux qui comme moi ont un parent atteint de cette maladie), de ce que l’on sait de son parcours final dans un dénouement et déchéance totale. Ce sont les images et récits de sa fin de vie qui supplantent ses apparitions dans ce film.

Avant d’entamer la conclusion, je reconnais une certaine prestance et qualité de comédien à Benoît Maginel dans ce film.

En conclusion. Si voir un film consiste à observer les déviances de certaines personnes, de se complaire dans ce masochisme ambiant, regardez ce film.

Je cherche encore son utilité, l’attrait intellectuel, l’aspect psychologique et la raison des déviances sexuelles de cette femme soient-disant inclus dans ce film.

En tous cas c’est loin d’être une film apaisant. Pour passer une soirée pour se détendre, voyez autre chose.