L’affront à la démocratie actionnariale

En s’asseyant sur le vote des actionnaires, les administrateurs de Renault menacent le « say on pay »dans sa version actuelle.

La rémunération des grands patrons est une chose trop grave pour la confier aux actionnaires.

Telle semble la devise des administrateurs de Renault. Vendredi 06 mai 2016, il leur a suffi de quelques minutes pour s’asseoir sur le vote de l’assemblée générale du constructeur, qui venait de rejeter, à 54,12 %, la résolution portant sur la rémunération du PDG Carlos Ghosn.

Un camouflet inédit depuis l’instauration, en 2013, du « say on pay » dans le code Afep-Medef, qui prévoit que la rémunération des dirigeants soit soumise au vote des actionnaires.

Le conseil d’administration de Renault s’est vite réuni, sans son président, afin de « délibérer définitivement sur cette question » et « a approuvé le maintien de la rémunération » de Carlos Ghosn pour 2015: 7,251 millions d’euros, dont 1,737 million en cash, le reste correspondant à la valeur d’actions définitivement acquises dans les prochaines années s’il atteint ses objectifs. [Cela représente la bagatelle rien que pour Renault de 4.700€ PAR JOUR de rémunération … et autant chez Nissan ! MC]

Tout juste le conseil a-t-il chargé quelques-uns de ses membres « de la mission d’examiner les évolutions utiles de la structure de rémunération pour les années 2016 et suivantes ». Fermez le ban ! Ont donc intimé les administrateurs de Renault aux actionnaires, à commencer par le premier d’entre eux, l’État, qui détient 20 % des droits de vote.


Letessier Ivan, Le Figaro (Extrait) – Source


Le grand patronat [préserve] ses « intérêts » qui sont à l’opposé de ceux du monde du travail et de la création.

Il ne faut pas que les critiques cachent le fond de l’affaire, c’est-à-dire le système capitaliste qui le permet et l’encourage tout en pressurant les travailleurs et les travailleuses. Il ne doit pas cacher non plus la question de la propriété du capital et celle de l’appropriation ou de la distribution des richesses.


Citation de Patrick Le Hyaric (extrait de son blog)