Pétaudière que ce gouvernement.

Macron a un défaut : il dit la vérité de la politique gouvernementale. Libéral sans complexes, il embarrasse les libéraux complexés de l’équipe de Manuel Valls.

Au fond, il ne fait pourtant que prendre acte de quatre années d’effacement du clivage gauche-droite, mais il est un peu comme un fils politique de François Hollande qui aurait oublié les bonnes manières.

Emmanuel Macron ne dit pas autre chose que ses collègues. Il le dit plus crûment : le monde ne se divise plus entre droite et gauche, mais entre « progressistes » et « conservateurs ». On voit bien vers quoi « progressent » ses « progressistes », et ce que veulent « conserver » ses « conservateurs ». Il suffit de lire la loi El Khomri pour être édifié. Son discours ne diffère en rien du « réformisme » de Manuel Valls, mais il est jugé inopportun au moment où le mot « gauche » revient à la mode.

Dans ce contexte on ne peut plus délicat, François Hollande a au moins une occasion de briller. Il pourrait par exemple adopter une position claire et définitive en se retirant du nouveau cycle de négociations qui vient de s’ouvrir sur le Tafta, le traité de libre-échange transatlantique qui fait la part si belle aux multinationales.

Tout nous révulse dans ce projet. À commencer par l’abolition des barrières « non tarifaires », comme il est dit pudiquement, c’est-à-dire [abandon] des normes sociales, environnementales, sanitaires. Mais aussi et surtout la création de juridictions privées qui auraient le primat sur les États. Un terrible coup porté à la démocratie.


Denis sieffert- Politis (Extrait) – Source