La farce Macron.

Emmanuel Macron, a fait une petite cachotterie quand il a annoncé, mercredi 6 avril, à Amiens, la création d’un « mouvement politique nouveau », baptisé «En marche».

Affirmant qu’il ne serait « pas à droite, pas à gauche », il s’est bien gardé de préciser qu’il avait néanmoins reçu un important mais discret appui logistique, celui de l’un des clubs patronaux les plus influents, l’Institut Montaigne, créé en 2000 par Claude Bébéar, l’un des parrains du capitalisme français et figure tutélaire du groupe d’assurances Axa.

Ce qui explique sans doute que le patron des patrons, Pierre Gattaz, ait chaleureusement applaudi la création de ce mouvement – une initiative « rafraîchissante », selon lui. Il n’est en vérité pas très difficile d’établir les liens, même s’ils ne sont pas affichés, qui unissent Emmanuel Macron à l’Institut Montaigne.

Il suffit de se rendre sur le site Internet que le ministre de l’économie vient d’ouvrir, pour présenter son mouvement. Il est ici : « En marche »

On découvre alors que le « directeur de la publication » du site Internet du mouvement s’appelle Véronique Bolhuis, et que « ce site est édité par En Marche, association loi 1901, 33 rue Danton, 94270 Kremlin-Bicêtre ». Or le nom de la directrice du site – qui préfère visiblement l’appellation de… directeur – comme l’adresse révèlent les coulisses cachées de la création du mouvement d’Emmanuel Macron. Véronique Bolhuis est en effet la compagne de Laurent Bigorgne, qui est le directeur de l’Institut Montaigne. Et l’association « En marche » a pour domiciliation l’adresse du… domicile privé de Véronique Bolhuis et Laurent Bigorgne. CQFD !

Le directeur de l’un des mouvements patronaux les plus influents héberge bel et bien, avec sa compagne, le mouvement politique créé par le ministre de l’économie. Nous avons téléphoné au numéro indiqué sur cette page de mentions légales pour les contacts de presse, et l’on nous a confirmé, avec un peu de gêne, ce que cachait cette adresse au Kremlin-Bicêtre.

En bref, l’Institut Montaigne roule donc pour Emmanuel Macron (…° La petite cachotterie sur l’appui logistique dont dispose le ministre met donc au jour l’autre supercherie de l’opération, quand Emmanuel Macron prétend que son mouvement sera ni de gauche ni de droite. Pierre Gattaz dit cela aussi sans cesse du Medef. Et comme on le sait, on n’est pas obligé de le croire… Avis donc aux amateurs ! Il est possible d’adhérer à l’association « En marche ». Mais mieux vaut savoir avant que c’est une annexe de l’Institut Montaigne et du Medef…


Mauduit Laurent, Médiapart (Extrait) – Source


Le journaliste Tabard Guillaume dans Le Figaro pose la question :

(Macron) « Au service de Hollande ou de lui-même ? »

Extrait d’article – Source

(…) Qui n’est pas contre nous est avec nous. » François Hollande fait sienne cette maxime évangélique. Puisque Emmanuel Macron n’est pas, et ne sera pas, candidat contre lui, le chef de l’État voit le profit qu’il peut tirer du mouvement lancé par son ministre de l’Économie. Son seul souci est de gonfler son socle électoral de premier tour. Donc, pendant que le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, tente de recoller les morceaux d’une gauche éclatée, le patron de Bercy peut séduire des électeurs centristes.

Macron, ailier droit de Hollande pour la campagne de 2017 ? Un schéma idéal pour un président en difficulté. Et un scénario tentant pour un ministre ambitieux à qui un éventuel second quinquennat ouvrirait la porte de Matignon. Mais Macron n’est pas l’homme d’un scénario unique. Et surtout, il n’est plus l’homme d’un autre. En lançant un parti à ses propres initiales, En marche ! , il a montré qu’il se mettait à son compte.

Avec ses idées – une société du risque et de la mobilité – , sa méthode – hors circuits électoraux classiques – et un objectif : l’Élysée. En 2022, si Hollande est candidat. Mais si le président devait renoncer, il veut être prêt à tenter sa chance dès l’année prochaine, sans s’incliner devant qui que ce soit, à commencer par Manuel Valls. (…)