Oh !

Un article signé de l’affreux jojo FOG (Franz-Olivier Giesbert), dans « Le Point » au titre racoleur, à la comparaison malsaine et insultant pour les syndiqués : « La CGT et le FN, c’est blanc bonnet et bonnet blanc », est « posté » sur ce blog, au titre de l’information. Libre à chacun d’avoir un avis, le mien étant un sentiment de dégout envers l’article et son auteur … c’est mon droit. MC

François Fillon a trouvé le meilleur slogan de campagne en déclarant, dimanche, qu’il fallait « casser la baraque »pour « reconstruire autrement »la France. Nous sommes en effet arrivés au bout d’un système à la ramasse qu’incarnent parfaitement la CGT et le FN, leurs alliés objectifs et leurs idiots utiles.

Preuve qu’il y a une justice en France, la CGT vient de perdre son procès contre l’auteur de ces lignes, qu’elle accusait de « complicité d’injures publiques » pour avoir notamment écrit cette évidence : que la centrale était au syndicalisme ce que le FN était à la politique. Un « boulet national » et une « exception française ».

Nous persistons. A un bémol près. On peut tout reprocher au FN, mais, contrairement à la CGT, pas d’avoir mis à terre un certain nombre d’entreprises par intransigeance et déni de réalité.

De Goodyear à la SNCM, longue est la liste des victimes de la confédération, qui bénéficie néanmoins d’avantages en tout genre, notamment grâce à ce grand fromage qu’est la formation professionnelle, aux performances très relatives. Sans parler de juteux comités d’entreprise, « gérés » comme on sait. Passons.

Là sont les seules grandes différences. Que la CGT ose récuser toute comparaison avec le FN révèle son aveuglement : leur combat commun contre la loi Travail montre bien leur complicité idéologique. Pour reprendre le mot de Jacques Duclos, ex-figure papelarde du stalinisme à la française, ces deux-là, c’est « blanc bonnet et bonnet banc ».

Comme la gauche de la gauche et la droite de la droite, la CGT et le FN ont les mêmes marqueurs idéologiques : le souverainisme, l’antiaméricanisme, la germanophobie, la russophilie, le protectionnisme, le laxisme budgétaire, la phobie de la « mondialisation libre-échangiste » et la haine compulsive de l’Europe, d’où viendraient tous nos maux. Tous sont des chantres du repli sur soi et du retour en arrière chantés, de surcroît, par une paresseuse mode médiatique.

L’imposture de la gauche de la gauche est apparue avec éclat à l’occasion de la crise des migrants, pendant laquelle son silence fut assourdissant. Si elle avait eu une âme au lieu d’être un ramassis de petits calculs médiocres, elle aurait tenté de porter la cause de tous ces damnés de la terre, prêts à tout pour échapper aux couteaux des égorgeurs de l’  « Etat islamique » (1). Face à tant de malheur, l’ultragauche n’a cependant pas bougé un doigt pour manifester, comme autrefois, sa compassion ou sa solidarité. C’eût été trop lui demander. Occupée à maintenir le statu quo social qui crucifie la France, elle s’est tenue cyniquement à distance de cette déferlante, comme le FN.

Toute honte bue, elle laisse aujourd’hui l’Europe renvoyer les réfugiés syriens ou afghans dans l’enfer turc dirigé par un mégalomane, massacreur de Kurdes, ce qui permettra à ses proches de se faire de l’argent sur le dos des déportés comme ils s’en font déjà sur le pétrole de l’  « Etat islamique ».

La CGT et le FN sont les deux faces du même mal français qu’incarnent tout aussi bien le NPA de M. Besancenot, les « frondeurs » du PS, Mme Aubry, les médias bien-pensants et j’en passe – M. Mélenchon, bien plus intelligent, étant à part. [Libre à F.O.G. de le croire]

Attachée à conserver son fonds de commerce du chômage de masse et la misère sur laquelle elle prolifère, la fausse gauche est sur la même ligne que l’extrême droite sur les questions sociales et économiques. Plus la France va mal, plus elle doit persévérer dans la voie qui la mène à sa perte : telle est à peu près la « stratégie » naufrageuse que nous proposent de conserve la CGT, le FN et tous leurs compagnons de route.

Convenons qu’elle remporte un certain succès, notamment chez les jeunes, si l’on en juge par le taux de remplissage des manifestations. La nouvelle doxa est bien incarnée par l’ « économiste » Jacques Sapir. Un avant-gardiste, ancien proche du Front de gauche de M. Mélenchon passé chez les souverainistes de M. Dupont-Aignan. Volontiers complotiste, il n’hésitera pas à imputer à de prétendus diktats de Bruxelles la loi El Khomri première version, alors qu’elle avait seulement pour objet de sortir la France du chômage de masse que ne connaissent ni l’Allemagne ni la Grande-Bretagne.

Une grande alliance souverainiste est-elle possible ? L’an dernier, M. Sapir l’appelait de ses vœux en rappelant que le FN avait changé. D’une grande habileté, Mme Le Pen a en effet semé partout des cailloux qui portent aujourd’hui, si l’on ose dire, leurs premiers fruits. Cette coalition moins hétéroclite qu’il y paraît nous enchaîne dans un déclin mortifère. Le prochain président devra donc l’affronter de face, sans pitié, surtout si, comme le plaide François Fillon, il veut mettre en œuvre un « choc de libération » de l’économie et de « désintoxication de la dépense publique », pour réduire le chômage et relancer la croissance comme l’investissement. Oui, décidément, il faudra « casser la baraque. »


Franz-Olivier Giesbert – Le Point – Source


  1. Dire que l’État islamique (EI-Daesh) est le seul pourvoyeur de migrants (sous entendez « invasion musulmane ») traversant l’Europe, relève de la malhonnêteté la plus complète lorsque l’on sait que les migrants viennent aussi bien d’Afghanistan, Irak, Égypte, Soudan, Tchad, Éthiopie, Libye, Syrie, etc. De même que parmi eux ce compte bon nombre de migrants de religion catholique, persécutés dans leur pays.

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    (attention dans « les pages » il faut un peu chercher pour « ouvrir » le PDF caché coté gauche dans d’autres textes – mauvais parametrage du blog, veuillez excuser)