Échec de la réforme constitutionnelle

« Un échec cinglant pour un pouvoir de plus en plus isolé » (1).

François Hollande vient d’annoncer qu’il renonçait à la réforme constitutionnelle. L’échec présidentiel est cinglant. Voilà ce qui arrive quand on veut, contre son camp, courir sur les terres de la droite et de l’extrême droite. Sont abandonnés la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité et de l’État d’urgence contre lesquels tant de voix à gauche ont protesté avec la plus grande des énergies pour dire leurs caractères inutile, diviseur et liberticide.

Enfin ! Après 4 mois de débats lamentables, de manœuvres dérisoires. Tant mieux. Isolé, ce pouvoir a fini par reculer. C’est la preuve que d’autres reculs peuvent désormais lui être imposés.  J’appelle (Pierre Laurent) le Président de la République à user de la même lucidité pour abandonner la Loi Travail au plus vite, car là encore il n’y a pas de majorité à gauche pour voter ce qui n’est qu’une nouvelle trahison.


Source

—————————————————————————————-

« Fiasco »…

Mercredi 30 mars, à l’heure d’expliquer sa décision de renoncer à réviser la Constitution pour y inscrire l’état d’urgence et la déchéance de nationalité pour les auteurs d’acte terroriste, le président de la République, François Hollande, a pointé la responsabilité de la droite dans cet échec :

« Je constate qu’une partie de l’opposition est hostile à toute révision constitutionnelle ; qu’elle porte sur l’état d’urgence ou même l’indépendance de la magistrature. Je déplore profondément cette attitude, car nous devons tout faire dans les circonstances que nous connaissons pour limiter les divisions et écarter les surenchères. »

  • Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a, lui, fustigé une droite qui « n’a pas pu prendre en compte la situation du pays ».
  • Pour Faure (PS), #Hollande a pris « une décision sage et réaliste face à une opposition qui refuse de prendre ses responsabilités »
  • Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis, a de son côté regretté le « triste spectacle » présenté aux Français.
  • Plus à gauche, le député frondeur Christian Paul dénonce un « fiasco politique», « quatre mois de controverse infernale ». « L’abandon du Congrès était prévisible. Cela fait un mois et demi que beaucoup d’entre nous disent que nous n’irons pas à Versailles. L’exécutif s’est mis dans la main de la droite, livrée, elle, a ses petits calculs politiques. Le pays en sort divisé, et la gauche, terriblement affaiblie. »
  • Pour le député Pouria Amirshahi, qui a annoncé en mars quitter le PS, « l’abandon de la réforme constitutionnelle est une belle victoire pour les amoureux de la démocratie, de l’Etat de droit et de nos principes républicains ».
  • Le parti écologiste Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui était opposé au projet, voit aussi en l’abandon de la réforme « une victoire pour la république et l’égalité ».

La droite sénatoriale, particulièrement pointée du doigt par la gauche pour avoir refusé l’article portant sur la déchéance de nationalité tel qu’il avait été rédigé par l’Assemblée nationale, récuse les accusations et se retourne vers la gauche parlementaire.

  • « Le président de la République a été mis en difficulté par les socialistes à l’Assemblée nationale », assure ainsi Jean-Pierre Raffarin, sénateur de la Vienne. « Nous sommes pour l’unité nationale. Il y a eu une manœuvre de la part des socialistes. L’autorité du président sur ses propres troupes est mise en cause. Nous avions proposé une solution, qui était de revenir à la proposition du président lors du Congrès de Versailles. (…) Cette position n’a pas été retenue par les socialistes. »
  • Jacob (LR) : « notre ligne a toujours été claire, le sujet est à gauche »
  • « On ne peut toucher à la Constitution dans l’émotion, sous la pulsion et sans concertation. La solennité du Congrès de Versailles ne pouvait s’accommoder des luttes intestines du Parti socialiste », regrette aussi le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher.
  • « François Hollande condamne le pays à l’immobilisme », a, pour sa part, déclaré l’ancien chef de l’État, Nicolas Sarkozy. « Je lui avais dit qu’on était prêt à voter la déchéance pour les binationaux, mais il s’est emmêlé dans les combinaisons de la gauche multiple. »
  • François Fillon, candidat Les Républicains à la présidentielle de 2017, s’est quant à lui « félicité de l’abandon de ce projet inutile » : « L’état d’urgence et la déchéance de nationalité sont déjà nos lois. Appliquons-les sans faiblesse ! », demande-t-il.

Le Monde.fr (Extrait) – Source