Une polémique qui enfle, qui enfle, qui …

Alain Juppé, ex-Premier ministre et candidat à la primaire de la droite, a indiqué jeudi qu’il voterait la loi El Khomri en l’état.

« Oui si elle était présentée dans les termes où elle aujourd’hui déposée sur la table », a-t-il assuré sur BFM TV, interrogé sur le fait de savoir s’il lui apporterait son suffrage s’il était parlementaire. « Ce texte va être complètement modifié, vraisemblablement dénaturé par ce qu’on peut encore appeler la majorité socialiste au gouvernement, a-t-il mis en garde. De toute façon, il ne va pas assez loin. » « Madame Aubry nous a plombés, avec les 35 heures il y a quelques années, quand elle parle de modernité aujourd’hui, cela fait sourire », a-t-il aussi commenté.

Mercredi, la maire de Lille s’est fendue d’une tribune assassine à l’égard de l’exécutif. Lundi, Alain Juppé avait estimé que ce projet de réforme du marché du travail était « mal préparé », « pas d’inspiration socialiste » et « plutôt d’inspiration libérale ». « Même s’il y a des choses qui vont dans la bonne direction », ce projet de loi est « improvisé, mal préparé, mal équilibré ».

Voilà un jugement très clair par un homme de la droite réactionnaire ultra libérale, Alain Juppé, sur le projet de loi libéral déstructurant le code du travail, présenté par El Khomri (mais d’esprit et de pré-rédaction Emmanuel Macron). Cette proposition de loi n’a vraiment rien d’une « gauche sociale et progressiste » MC

La redaction – Le parisien(Extrait) –Source


Un record de signatures pour la pétition contre le projet de loi El Khomri

projet de loi El Khomri se taille un beau succès sur Internet. Seul problème : la réforme portée par la ministre du Travail mobilise surtout contre elle. Lancée sur le site Change.org, la pétition en ligne contre le projet El Khomri sur la réforme du code du travail , intitulée « Loi travail : non merci ! », a battu le record de signatures pour une pétition française lancée sur le site Change. org.

Ce jeudi soir (26 fev 2016) à 21 heures, soit moins d’une semaine après sa mise en ligne, elle affichait plus de 569.000 signatures ! Il détient aussi le record du nombre de signatures obtenues par jour, avec une moyenne de 73.000 paraphes quotidiens. La précédente pétition française la plus signée, celle d’Elise Lucet lancée début juin contre la directive européenne sur le secret des affaires, en est actuellement à un peu plus de 508.000 signatures.

Différence de taille entre les deux textes : lors de son lancement, la pétition à la portée européenne de la présentatrice de « Cash Investigation » n’avait atteint « que » 270 000 signatures en dix jours. La pétition contre la loi El Khomri, qui attire 20% du trafic du site à elle seule en France, se permet même de battre un record mondial : elle totalise le plus de pages vues parmi les 608.765 pétitions actives sur le site Change.org, lancé en 2012 dans l’Hexagone.

(Samedi 27 fev 17 h 30 – 713.305 signatures le but étant d’atteindre et dépasser si possible le million de signatures le plus rapidement possible)

 

Le gouvernement tente de contre-attaquer sur Twitter « Bonjour Twitter, je suis le projet de #LoiTravail? On parle beaucoup de moi mais on me connaît mal. Et si on faisait connaissance ? » Pour tenter de renverser la vapeur sur les réseaux sociaux, le Service d’information du gouvernement (SIG) a lancé jeudi le compte Twitter @LoiTravail en jouant la carte de la pédagogie.

Appelant à lire l’introduction officielle de la réforme par Myriam El Khomri et son avant-projet, le compte annonce : « Sur ce compte, je vous dis tout ! », en précisant que ses « tweets n’engagent que » son « projet de loi ».

Avec une photo d’un document intitulé « avant-projet de loi » affublé du hashtag #LoiTravail en guise d’image de profil, ce compte invite les internautes à réagir. Et ils ne se sont pas faits prier, en multipliant les moqueries à coup de gifs animés et d’images comme celle de Gandalf, célèbre personnage du roman de Tolkien Le Seigneur des Anneaux lançant « vous ne passerez pas ! »

La Rédaction, Le Parisien – Source


Quand Valls rêve de « dépassement »

A défaut des voix des aubrystes, des frondeurs, des écologistes ou des communistes, Manuel Valls pourra peut-être compter sur celles des Républicains ou des centristes pour faire passer le projet de loi El Khomri à l’Assemblée. François Fillon annonce dans nos colonnes qu’il approuve certaines de ses dispositions. Bruno Le Maire et Alain Juppé ont dit jeudi qu’ils le voteraient « en l’état ».

Un autre candidat à la primaire, Frédéric Lefebvre, et le chef de file des députés centristes, Philippe Vigier, appellent dans une tribune commune à soutenir la réforme portée par la ministre du Travail. Et de nombreux autres leaders de l’opposition tiennent le même discours.

Il n’est pas sûr que toutes ces bonnes intentions résistent au débat parlementaire. Mais le Premier ministre va tout faire pour les conforter, tant il est convaincu qu’il va lui falloir bâtir sur ce texte une majorité débordant largement à droite. Un peu comme pour l’extension de la déchéance de la nationalité.

Car Manuel Valls considère que la gauche du PS est définitivement perdue. La tribune au vitriol, mercredi, de Martine Aubry, explique-t-il au « Monde », est une étape supplémentaire dans la « clarification » qu’il appelle de ses vœux. Dans le divorce, serait-on tenté de dire, entre deux gauches devenues « irréconciliables ».

Dupont Stéphane, Les Echos (Extrait) source