Donald Trump attise la curiosité du FN

Le parti de Mme Le Pen voit dans le succès du candidat américain une validation de ses thèses ! Plus les semaines passent et plus la possibilité de voir Donald Trump porter les couleurs du Parti républicain lors de l’élection présidentielle américaine, en novembre, se confirme. (…).

Pourfendeur des élites et porte-parole revendiqué du peuple, le trublion, qui a déclaré vouloir expulser les 11 millions d’immigrés clandestins estimés aux Etats-Unis et soutenir une politique étrangère plus favorable à la Russie, trouve un écho positif, en France, dans les rangs du Front national et de ses alliés. (…)

Volontiers qualifiée de populiste, la présidente du FN se veut, elle aussi, la voix des populations  » oubliées « .  » Quand on voit Trump et Sanders qui sont en forme dans les élections, côté républicain et démocrate, ça prouve que, là aussi, il y a une remise en cause de l’establishment « , s’est ainsi félicité Florian Philippot, vice-président du parti. Le bras droit de Mme Le Pen se garde bien, néanmoins, d’afficher sa préférence entre Donald Trump et Bernie Sanders, (…)… et de se féliciter des positions du premier sur  » l’immigration massive «  et du second sur  » les inégalités sociales « .

Une prévenance que ne prend pas le maire de Béziers, Robert Ménard, élu avec l’appui du FN, qui affiche un soutien franc à -Donald Trump.  » Ses constats et sa sensibilité sont très proches de ceux de la droite patriote « , assume l’élu. D’habitude enclin à critiquer la politique étrangère américaine, le parti frontiste se montre en particulier satisfait par les propositions que formule M. Trump dans ce domaine. (…)

Comparée à de nombreuses reprises dans la presse américaine à Donald Trump, Marine Le Pen s’est jusqu’à présent gardée d’approuver le parallèle. La députée européenne a même montré une forme d’agacement lorsque la question lui a été posée. (…)

Alors que la présidente du FN veut apparaître comme une -figure de rassemblement et d’apaisement en vue de l’élection présidentielle de 2017, il convient, pour elle, de ne pas être mise dans le même sac qu’un homme perçu comme outrancier et -provocateur.

Cette prudence n’empêche pas certains frontistes de prendre la défense du candidat aux primaires républicaines, qui serait victime d’une caricature de la part des médias. (…)


Faye Jean-Pierre, Le Monde (extrait) Source