Primaire à gauche ?

Diverses interrogations dans plusieurs partis pour établir « une primaire » à gauche sont à l’ordre du jour dans diverses réunions. Un premier état des lieux au travers d’extraits de journaux, des propos tenus.

Pour le journal « Le monde »

Un article « titré » « Un collectif de personnalités réclame une primaire à gauche en 2016 », signé par Besse Desmoulières Raphaëlle, (source), explique :

L’appel, publié lundi 11 janvier dans Libération, est signé par une cinquantaine de politiques, intellectuels ou personnalités venues du monde de la culture. A l’origine de cette initiative, les écologistes Daniel Cohn-Bendit et Yannick Jadot, et le sociologue Michel Wieviorka. Ils ont été rejoints par l’économiste Thomas Piketty, le démographe Hervé Le Bras, l’écrivain Marie Desplechin, puis par l’historien Pierre Rosanvallon, l’essayiste Raphaël Glucksmann, l’avocat William Bourdon, le comédien Philippe Torreton ou encore l’ancien footballeur Vikash Dhorasoo. Barbara Romagnan est la seule députée PS signataire.  » Nous voulons faire de la prochaine élection présidentielle la conclusion d’un débat approfondi, écrivent-ils. Nous voulons du contenu, des idées, des échanges exigeants.  » Ils critiquent aussi un personnel politique devenu  » synonyme de caste et d’oligarchie  » et dont l’action est perçue  » comme impuissante, voire comme corrompue et soumise à des intérêts corporatistes ou particuliers « . (…)


Pour le journal « Les Echos »

Un article « Primaire à gauche : le grand bluff », signé par Cornudet Cécile, (source), explique :

(…) Adepte de la stratégie de l’édredon, François Hollande laisse ainsi dire qu’il serait prêt à se plier à l’exercice…. pour peu que tout le monde fasse de même. En clair, oui à une primaire si aucun autre candidat de gauche ne se présente à la présidentielle face à celui qui sera choisi, disent ses proches, conscients que cela n’a quasiment aucune chance de se produire. « Une primaire de toute la gauche, de Macron à Mélenchon – c’est la seule qui fonctionne, celle qui permet de gagner l’élection –, je ne suis pas sûr que tous les acteurs soient d’accord », relève ainsi Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS (France Info). Et de fait, le PCF et les écologistes tendance Cécile Duflot ne peuvent concevoir de primaire que si elle n’inclut pas François Hollande.

Leur objectif : désigner un candidat de la « vraie gauche », susceptible d’affronter le chef de l’Etat à la présidentielle. (…)


Pour « Médiapart »

Un article « Primaire à gauche: l’envie de «débloquer» le système ne peut suffire », signé par Alliés Stéphane, (source), explique :

L’initiative est la première d’ampleur sur le sujet, depuis que le PS a liquidé l’idée lors de son dernier congrès de Poitiers, et après avoir sabordé son extension au niveau local lors des municipales de 2013. Mais si l’appel est médiatiquement porteur et signe d’un désaveu supplémentaire des intellectuels envers le pouvoir socialiste, il survient à un moment où bien d’autres qui travaillaient secrètement depuis plus d’un an, ont mesuré l’ampleur de la tâche, en essayant d’imaginer concrètement sa mise en pratique. Leur réflexion s’est ainsi heurtée à une réalité hélas déprimante pour qui croit encore à la politique en France : si les partis n’ont jamais été aussi contestés et délégitimés qu’aujourd’hui, il semble impossible de pouvoir s’en passer dans la Ve République. Car ce sont eux qui ont l’argent (public) et les militants (même s’ils n’en restent plus beaucoup). (…) Or, aujourd’hui, l’argent manque aux instigateurs de l’appel. Et seul un mécène désintéressé (compliqué à trouver) pourrait permettre de financer un tel exercice sans l’apport de celui des partis. (…) …. pour faire une primaire, il faut une base politique, et si possible large. Or, c’est surtout ici que le flou entretenu dans l’appel publié par Libération cache à tout le moins un loup, ou en tout cas un non-dit qu’il conviendrait de lever. (…) Parmi les partis concernés, certains de leurs leaders ne veulent ainsi pas entendre parler de primaire (comme Jean-Luc Mélenchon ou les représentants de l’extrême gauche), ou n’ont jamais caché jusqu’ici leur scepticisme sur le sujet (comme Cécile Duflot ou Pierre Laurent). (…)


Pour « Libération »

Un article « Le PCF ouvre la porte», signé par Alemagna Lilian, (source), explique :

Au Parti communiste, l’appel de « Notreprimaire » lancé lundi a été accueilli comme la «bonne surprise» de ce début d’année. (…) Le contenu de cet appel et la qualité des signataires permet de ne pas perdre espoir pour la gauche dans ce pays. Les communistes se montreront disponibles.» Lundi soir, lors de ses vœux présentés au siège de son parti, place du Colonel-Fabien à Paris, le secrétaire national des communistes, Pierre Laurent, a fait savoir que sa «porte [était] ouverte», proposant même un premier rendez-vous en mars : «On me dit primaire, ce n’est pas ma culture, mais je dis discutons, échangeons, construisons.»

«Socle commun» Le parti se montre même prêt à voir François Hollande s’y présenter. «Il ne doit pas y avoir de préalable», dit Dartigolles, qui ajoute tout de même un codicille : «Si ce processus se traduit par une désignation de François Hollande sur ses orientations actuelles, nous n’en serons pas.» (…)

Les communistes peuvent tirer un triple avantage de cette initiative. D’abord, cette primaire leur offre le terrain de jeu qu’ils espèrent depuis 2012 : celui d’un débat sur ce qu’est «la vraie gauche» pour être ensuite une des forces centrales de «l’union» et rassembler, autour de propositions communes, une partie du Front de gauche, des écologistes et des socialistes. Obliger ensuite Hollande – s’il est candidat à sa succession – à revenir auprès du camp qui l’a élu en 2012 et le pousser, dans les six prochains mois, à revoir son orientation.

Enfin, ne plus avoir pour seule et unique option pour 2017 le scénario d’un nouveau soutien à Jean-Luc Mélenchon. Lequel ne veut pas entendre parler de primaire mais verrait d’un bien mauvais œil ses alliés s’y embarquer : s’il bénéficie d’une forte popularité auprès de la base communiste, le leader du Parti de gauche a besoin du soutien logistique et financier de l’appareil PCF et des signatures de ses élus. (…)


Voir aussi la position d’E. Cosse – EELV.


Bref la réunion « de la – des » gauche(s) sur un projet sociétal hors des sentiers battus, genre Podemos ou Syriza, est encore une option. Verra-t-il le jour, cela parait très utopique aujourd’hui, mais l’espoir fait vivre. MC