Audiences : Canal+ dévisse !

La relance de Vincent Bolloré a pour l’instant fait chuter les audiences en clair de la chaîne cryptée. « Le meilleur programmateur de la télé » aurait-il perdu de sa maestria ?

Le 18 décembre dernier s’est achevée la première partie de saison pour les programmes en clair de Canal+. Alors qu’elles ont fait l’objet de nombreux et parfois brutaux ajustements avant la rentrée, les émissions « vitrine » de la chaîne, censées lui rapporter de nouveaux abonnés ont souffert du côté des audiences.

Deux fois moins d’audience pour « Le Grand Journal »

Principale et évidente victime de cette tendance : « Le Grand Journal » de Maïtena Biraben. Profondément remanié à l’inter-saison, le navire amiral de Canal+ a fédéré en moyenne près de 625.000 téléspectateurs entre le 7 septembre et le 18 décembre, soit 3,2% de l’ensemble du public. L’année dernière, la formule (P1+P2) animée par Antoine de Caunes, pourtant déjà déclinante, en réunissait encore deux fois plus avec 1,2 million de fidèles (5,6% de PDA) devant leur poste.

Outre son contenu, l’émission de Maïtena Biraben paye aussi sans doute cette année l’exclusion des « Guignols », passés en crypté depuis le 14 décembre dernier. A partir du lundi 4 janvier, l’architecture du « Grand Journal » va d’ailleurs évoluer avec une P1 programmée séparément à partir de 18h45. Centrée autour de l’info, elle comprendra le JT de Victor Robert mais aussi la première interview de l’émission de Maïtena Biraben. La P2 du « Grand Journal » commencera pour sa part à 19h10.

Loin d’être circonscrite au « Grand Journal », la baisse d’audience touche l’ensemble des émissions en clair de Canal+. « Le Petit Journal » est ainsi lui aussi en baisse sur le début de saison. Rallongée d’un petit quart d’heure, l’émission de Yann Barthès affiche 1,3 million de téléspectateurs en moyenne chaque soir depuis le 7 septembre, soit près de 5% de PDA. C’est près de 300.000 fidèles de moins que l’année dernière (-1,1 point de PDA). Le retour des « Guignols » à 20h50 ne devrait pas arranger les affaires du programme sur la deuxième partie de la saison. « Le Petit Journal » va en effet être privé désormais de nombreux reports qui lui permettaient jusque-là de booster ses audiences en fin d’émission.

La mi-journée également en baisse

Les mi-journées de Canal font elles aussi grise mine. En semaine, la nouvelle formule de « La Nouvelle édition » animée par Daphné Burki et désormais produite par KM affiche 340.000 fans (2,7% de PDA). Le talk-show égare ainsi près de 180.000 fans sur un an (-1,5 point de PDA). Mêlé malgré lui aux luttes internes ayant secoué Canal+ durant l’été, le programme a pâti d’un démarrage tardif le 27 septembre dernier, un élément particulièrement pénalisant pour une émission programmée à un horaire « d’habitudes ».

Le bilan n’est guère plus reluisant le week-end. « Le Tube », présenté désormais par Ophélie Meunier, est ainsi tombé sous les trois points de part d’audience (2,9%) sur ses trois premiers mois d’antenne. L’émission réunit désormais en moyenne 427.000 fidèles et perd ainsi près de 100.000 amateurs et 0,7 point sur un an. « Le Supplément » version Ali Baddou est lui aussi en repli avec 610.000 amateurs chaque dimanche (3,9% de PDA). Du temps de sa camarade Maïtena Biraben, ils étaient près de 920.000 en moyenne devant leur poste chaque dimanche, soit 6% de l’ensemble du public.

Du côté de l’access du samedi, on affiche aussi un léger recul par rapport à la saison dernière. Avec 1,2 million de fidèles (6,6% de PDA), « Salut les terriens ! » de Thierry Ardisson fait face à une légère érosion de son audience (-100.000 téléspecateurs, -0,9 point). Dans la foulée, « Made in Groland » est pour sa part stable sur un an. Depuis son retour à l’antenne le 24 octobre dernier, la bande de Jules-Edouard Moustic a fédéré 854.000 Grolandais (3,8% de PDA), soit une baisse de seulement 4.000 fidèles et de 0,2 point sur un an.

Horizon 2022 ?

Force est donc de constater que la reprise en main du clair par Vincent Bolloré est pour l’instant loin d’avoir porté ses fruits. Sa stratégie du « renversement de la table » a surtout contribué à déstabiliser une grille en clair de Canal+ patiemment bâtie par ses prédécesseurs.

Reste maintenant à savoir si la chaîne cryptée saura inverser la tendance sur la deuxième partie de la saison. Répétant à l’envi qu’il a le temps, Vincent Bolloré se fixe comme horizon l’année 2022, une éternité en télévision. Les téléspectateurs lui laisseront-ils tout ce temps ?

Benjamin Meffre – Source OZAP – Pur Médias