Déchéance Nationale « Les conséquences seront extrêmement lourdes »

Un profond malaise a saisi la gauche, prise à contre-pied par François Hollande sur la déchéance de la nationalité qui sera bien inscrite dans la Constitution.

  • « C’est du Leonarda puissance dix ! Au moment où les Français ont besoin d’unité, on va les diviser en mettant à l’honneur cette proposition venue de l’extrême droite », s’étrangle un socialiste qui a ses entrées à l’Élysée.
  • La maire de Paris, Anne Hidalgo a fait part de sa désapprobation. « Je réaffirme fermement mon opposition à la déchéance de la nationalité qui n’apporterait rien à la lutte contre le terrorisme », écrit-elle dans un tweet.
  • « C’est contraire aux fondements de la République », a expliqué Arnaud Montebourg sur le réseau social.
  • Le député François Lamy, proche de Martine Aubry, y est allé aussi de son tweet : « A force de rompre soi-même les digues, on finit noyé. »
  • Le fidèle Bruno Le Roux, patron des députés PS, reconnaît qu’il lui faudra essayer de convaincre la moitié de son groupe. « C’est typiquement le sujet sur lequel les députés auront envie de prendre leur liberté de vote », relève un militant. Ce qui rendra problématique l’adoption à la majorité des trois cinquièmes de la révision constitutionnelle.
  • Officiellement, le PS de Jean-Christophe Cambadélis soutient la réforme. « Malgré les multiples injonctions de l’extrême droite et de la droite dite républicaine, le président a choisi de respecter les paroles qu’il avait prononcées devant le Congrès », indique un communiqué assez surréaliste de la Rue de Solférino.
  • Ecologistes et Front de gauche, eux, sont vent debout et ont annoncé qu’ils ne voteraient pas la réforme. « Ils nous auront tout fait ! » peste Jean-Luc Mélenchon en dénonçant la reprise d’une idée « proposée d’abord par Jean-Marie Le Pen puis Nicolas Sarkozy ».
  • Partisan de la déchéance, le député PS de Paris Christophe Caresche juge que « le coût pour le président de ne pas faire ce qu’il avait annoncé serait beaucoup plus lourd que celui des turbulences créées à gauche ».
  • Un point de vue que ne partage pas Benoît Hamon, l’un des chefs de file des frondeurs : « Les conséquences sur le plan politique seront extrêmement lourdes. »

Le Parisien – Source