Prêt pour le devoir citoyen ?

Le scrutin régional est en soi un acte de résistance démocratique. Un acte de refus de céder aux injonctions totalitaires d’écervelés qui utilisent un dieu et le salissent alors qu’ils n’en connaissent rien.

Le besoin de sécurité, largement exprimé par nos concitoyennes et concitoyens, ne doit pas trouver les chemins du ressentiment et de la division.

C’est aujourd’hui notre tâche la plus impérieuse. Laisser croire à une progression de l’extrême droite dans les urnes, ou banaliser de possibles gains de régions, comme cela avait déjà été fait à l’occasion des élections départementales, reviendrait à répandre le feu des déchirures de la société, en donnant raison aux fondamentalismes djihadistes qui n’agissent que pour détruire ce qu’il y a de meilleur dans notre République pourtant encore inaccomplie.

La sécurité dépend non pas de l’affaiblissement de l’État ou de sa destruction sous les coups de boutoir d’absurdes critères comptables décidés dans l’obscurité de cabinets bruxellois et appliqués ici avec zèle.

Bien au contraire, il faudra peser dès dimanche pour les listes porteuses, bien avant la déflagration du 13 novembre, de l’exigence de services publics disposant des moyens nécessaires, humanisés, démocratisés, dans l’éducation, la culture, la santé, la police, la justice ou les douanes.

Nous ne pouvons que conseiller que chacune, chacun se pose quelques questions simples avant de mettre son bulletin dans l’urne.

  • Va-t-on mettre l’argent au service des transports collectifs et du rail, ou choisir de laisser se développer les moyens de circulation les plus polluants, alors même que 195 pays se réunissent à Paris pour tenter de répondre au défi climatique ?
  • Va-t-on promouvoir des logiques d’égalité ou exacerber les différences entre les territoires ?
  • Va-t-on s’engager dans une vraie politique valorisant le travail et la création d’emploi ?
  • Va-t-on s’engager dans la promotion d’une création culturelle audacieuse et variée ou assécher la diversité et la vitalité culturelle de notre pays ?
  • Va-t-on défendre et promouvoir les services publics comme identité d’une France démocratique et rassemblée ? Ils furent l’honneur de notre pays la nuit du 13 novembre, alors pourquoi continuer à les asphyxier par d’inhumaines logiques comptables imposées par les dogmes néolibéraux venus de Bruxelles ?
  • Va-t-on enfin faire de la question brûlante de l’égalité le pivot des politiques publiques à l’échelle régionale ?

Utiliser son bulletin de vote dimanche prochain sera un acte de résistance républicaine mais aussi d’espérance alors que tout semble échapper à l’intervention populaire. N’est-ce pas le moment de dire avec force : «Nous sommes là et il faudra compter avec nous» ?

Extrait d’un article de Patrick Le Hyaric – Source