Les jeux sont faits (1ere partie)

20h : c’est guignol.

Il est vingt heures, la grande messe des soirées électorales est partie.

Madame et Monsieur les maitres de cérémonie lancent la soirée en faisant appel, avant de connaitre les vrais résultats – qui au demeurant à cette heure ne peuvent qu’être partiels – , à la personne « habilitée » du service d’information de la chaine qui en pérorant- parce qu’il faut bien attendre les invités politiques et de vrais résultats- dévoile avec toute l’assurance de celles-ceux qui de toute façon savent tout ; les premières tendances électorales des différentes régions.

Déjà vous êtes dans l’ambiance et mentalement ont vous préparent, vous orientent, pour le second tour.

Entre temps Monsieur Tartempion de l’organisme de sondage et partenaire de la chaîne se charge d’en remettre un couche, souvent en expliquant que bien sûr il y a eu des erreurs de pourcentage en faveur de tel ou tel parti, mais c’est de la faute des votants et des abstentionnistes, l’organisme est dans l’ensemble dans le vrai.

Se met en place autour des tables un monde d’agitateurs-présentateurs-conseillers-spécialistes des sondages affirmant LEUR vérité, LEUR science infuse, partant d’un panel de sondé au sortir des bureaux de vote (ils disent toujours ça, ça fait bien, mais invérifiable), toujours les mêmes sources et affirmant derechef un tout catégorique, sans recul, sans analyses véritables, préparant ainsi mentalement les votants pour le deuxième tour, car là « maintenant » c’est du sérieux. Sous-entendu, avant ça ne servait à rien d’aller voter, bêtas d’illettrés, inconscients que vous êtes.

S’ensuit un défilé incessant jusqu’à tard dans la nuit, d’éminents politiques, figures de proue ou subalternes à bagou certain, plus ou moins responsables ou représentants tel courant, de divers et variés partis politiques.

Une cacophonie organisée d’où ne ressort aucune possibilité de se faire un avis.

Tout le monde est content et se repend en satisfécits, s’auto proclamant sans vergogne le meilleur. Tout le monde a gagné, même si tous n’ont pas réussi le score espéré qu’importe, ils existent toujours et puis il y a le deuxième tour et là vous allez voir ce que vous allez voir.

Guignol, foire d’empoigne j’vous dis.

C’est terrible ils ne peuvent pas s’en empêcher.

Il y en aura bien un ou deux qui dira la vérité tirant la leçon d’une campagne avortée par le gouvernement, dénonçant son état d’urgence prolongé, les atroces attentats, et insidieusement la COP 21 et enfin dénonçant le mot d’ordre suggérant aux médias de parler le moins possible des élections régionales.

Voilà bien tout le faisceau d’informations qui ne laissa aucune place au programme des candidats. Impossible d’expliquer les différentes gestions proposées pour les régions si jamais telle tête de liste parvenait à sa présidence.

Oui un ou deux dira-dirons la vérité, mais noyé dans la masse personne ne relèvera.

Voilà, un tour pour rien parce que la mobilisation n’a pas eu lieu, parce qu’il n’y a aucune volonté de changer de situation économique, de mentalité, de représentant du peuple et surtout aucun réel pouvoir du peuple sur sa destinée.

MC


Note – Ce billet a été écrit samedi 05 déc. 2015, 15h – pour info.