Air France. Si les syndicalistes avaient raison !

Le groupe aérien a dégagé un bénéfice d’exploitation de 898 millions d’euros au troisième trimestre. Il s’agit de la meilleure performance trimestrielle de son histoire. Une performance qui conforte les syndicats d’Air France dans leur refus du plan de restructuration lancé au sein de la compagnie française début octobre.

Ceux qui pensaient que la compagnie française était au bord du gouffre ne vont plus rien comprendre. Air France-KLM, la maison-mère d’Air France et de KLM, a publié ce jeudi bénéfice d’exploitation de 898 millions d’euros au troisième trimestre (juin-septembre) de son exercice 2015. Soit le plus gros profit opérationnel depuis la création du groupe en mai 2004.

Le record précédent (+725 millions) remontait au deuxième trimestre de l’exercice 2007-2008 (à l’époque, il était décalé), lequel s’étendait lui aussi de juillet à fin septembre, la meilleure période pour toutes les compagnies de l’hémisphère nord.

12,1% de marge d’exploitation

Le chiffre d’affaires s’étant élevé à 7,4 milliards (en hausse de 4,7%), Air France-KLM a dégagé une marge d’exploitation historique de 12,1% au cours du dernier trimestre, en hausse de 8,4 points. Soit une amélioration de 304 millions d’euros par rapport au même trimestre de l’année 2014 (en tenant compte de la grève des pilotes de septembre 2014). Le bénéfice net s’élève à 480 millions.

Sur les neuf premiers mois de l’année, le bénéfice d’exploitation s’élève à 666 millions d’euros, tandis que le résultat net reste négatif (-158 millions). La dette nette a été diminuée de plus d’un milliard par rapport à fin 2014, à 4,33 milliards d’euros.

Un environnement favorable, principalement marqué par la baisse du prix du carburant et par une forte demande à l’été, conduit à une amélioration des résultats d’Air France-KLM. Ces effets conjoncturels viennent s’ajouter aux effets positifs du plan Transform 2015 engagé depuis 2012. Cette progression ne permet cependant ni de combler le différentiel de compétitivité avec nos concurrents ni de disposer des moyens de financer la croissance du groupe. La mise en œuvre du plan Perform est donc indispensable car la baisse des coûts unitaires est le principal levier dont Air France-KLM dispose pour trouver une croissance rentable dans un environnement concurrentiel. (…) il est indéniable que ces résultats confortent la position d’une grande partie des syndicats qui ne voient pas l’utilité de faire de nouveaux efforts ou qui estiment qu’il n’y a pas le feu au lac.

Interrogé ce jeudi sur ce sujet, Pierre-François Riolacci, le directeur financier du groupe, a rappelé que la direction n’avait jamais justifié le plan de restructuration par un risque de faillite à court terme.

« Nos résultats démontrent que les mesures que nous avons prises comme la montée en gamme ou l’ajustement du réseau, fonctionnent, et que les efforts des salariés ont porté leurs fruits. Nous disons aux personnels, vos efforts ont payé, il faut les continuer », a-t-il dit.

Confusion

Ces résultats risquent de facto de causer le trouble parmi les politiques qui soutenaient la direction. Difficile en effet de faire comprendre à l’opinion que l’on soutient un plan de restructuration impliquant 2.900 suppressions de postes quand l’entreprise est dans le vert, même si elle reste fragile. C’était un peu l’objectif du SNPL qui a trouvé mille combines depuis le début de l’année pour ne pas négocier. Difficile aussi pour le gouvernement de soutenir une restructuration en restant sourd aux attentes des syndicats et de la direction pour la mise en place d’un environnement plus favorable permettant à Air France de mieux lutter contre les compagnies étrangères. Autrement dit en supprimant certaines charges inhérentes au transport aérien. (…)

Les négociations sont dans l’impasse

Et maintenant ? C’est le flou le plus total. Pour rappel, après l’échec des négociations au 30 septembre dernier, la direction a proposé de les rouvrir en fixant une nouvelle date butoir à début janvier pour aboutir à un accord. A défaut, le plan B qui prévoit la suppression de 2.900 postes serait appliqué.

Or les négociations n’ont pas repris. Et ne sont pas prêtes de reprendre. L’intersyndicale a indiqué ce mercredi qu’elle ne retournera pas à la table des négociations tant que la direction n’aura pas levé les procédures disciplinaires à l’encontre des salariés mis en cause dans l’agression de deux directeurs de la compagnie.

Titre original de l’article : « Air France-KLM publie les plus gros profits trimestriels de son histoire ! » Gliszczynski Fabrice, – extrait –  La Tribune –Source


En Conclusion

À tous ceux qui ont cru l’annonce faite par les médias largement commentés et aidés à dessein par la vidéo et ses 2 pauvres personnes de la direction d’Air France, c’étant fait déchirer les vêtements. La manière dont l’événement était relaté signifier à qui voulait l’entendre qu’il n’y a aucun moyen de discuter avec les sauvages syndicalistes. D’ailleurs bon nombre de personnes y compris des politiques ont appuyé sur ce fait, tel que présenté.

À aucun moment les médias ont ouvert la réflexion sur les raisons ayant amené les syndicalistes à réagir de cette façon. Les syndicalistes connaissaient-ils l’ampleur du bénéfice réalisé par Air France aujourd’hui de l’annonce des 2900 licenciements et de la demande de faire des efforts auprès des employés notamment les navigants ?

Nous ne le saurons pas avant aujourd’hui et l’annonce faite par Air France d’un bénéfice au 3e trimestre d’un bénéfice d’exploitation de 898 millions d’euros et la bien évidemment, sans donner raison au syndicalisme avoir molesté les 2 représentants de la direction, nous pouvons comprendre leur colère.

La moralité de cette histoire si moralité il doit y avoir, est de toujours attendre confirmation des événements avant de donner foi à l’authenticité diffusée par les médias. Rappelons-nous que les médias sont contraints pour exister, à « trouver » de la publicité qui assure leur financement à toujours mettre en avant le sensationnel avant de donner la totalité des informations permettant de comprendre, et ainsi de se faire une idée personnelle en tenant compte de tous les éléments. MC