Chômage : une baisse en trompe l’œil

« La plus grand baisse du chômage en 8 ans » se félicite le gouvernement.

Sauf que l’on assiste plutôt à un transfert sans douceur des chômeurs de catégorie A, la plus regardée, aux catégories B et C.

Pôle emploi recensait fin septembre 23.800 chômeurs de moins qu’à la fin août, selon le ministère du Travail, pour qui ces chiffres sont « satisfaisants » et « concrétisent l’amélioration progressive de la conjoncture économique observée ces derniers mois ». L’indicateur de Pôle emploi n’avait pas baissé autant depuis novembre 2007 : -0,7 % sur un mois.

Mais cet indicateur ne prend en compte que les chômeurs de catégorie A, les demandeurs n’ayant exercé aucune activité professionnelle au cours du mois.  Or, le nombre de demandeurs d’emploi ayant une activité réduite courte (catégorie B) et longue (catégorie C) augmente respectivement de 1,2% et de 1,5%. De fait, si on prend en compte ces trois catégories de chômeurs, on arrive non pas à une baisse mais à une somme nulle.

C’est pourquoi la CGT estime qu’il n’y a « pas de quoi se réjouir », car, juge-t-elle, la baisse de septembre cache « une montée de la précarité ». Le transfert, parfois en force, des chômeurs de catégorie A aux autres sont le fait de contrats de très courte durée, à temps partiel ou en intérim. Une précarisation qui ne masque pas la hausse  « toujours plus forte du nombre de demandeurs d’emploi de longue durée (sur un mois : +1% ; un an : +10,4% !) » dénoncée par FO.

Ces chiffres « marquent l’échec d’une politique uniquement centrée sur la baisse du coût du travail alors que, pour FO, les salariés, chômeurs et retraités revendiquent et attendent une politique tournée vers la relance de la consommation et de l’investissement productif. »

La CGT de son côté réaffirme « que ce qui manque, c’est une réelle relance du pouvoir d’achat par une augmentation des salaires et des pensions. Une volonté de créer des emplois stables et un financement de la protection sociale qui prenne en compte les politiques menées par les employeurs. Notamment en pénalisant ceux qui, sans scrupule, ne respectent pas les lois de la République. »

Source L’Humanite.fr


Autre positionnement des médias

Pour Le Monde

Neuf graphiques qui relativisent la baisse du chômage

Le gouvernement a évidemment sauté sur cette bonne nouvelle, lundi 26 octobre : le nombre de chômeurs sans aucune activité (catégorie A) a diminué de 0,7 % en septembre (-23 800) par rapport au mois d’août.

La ministre du travail, Myriam El Khomri, a salué des chiffres « satisfaisants », assurant que « seule la tendance compte [et que] c’est la première fois depuis 2011 que nous avons une tendance à la baisse du chômage en catégorie A ». Ce satisfecit est toutefois à nuancer pour plusieurs raisons.

Le Monde.fr | 27.10.2015 à 13h37 • Mis à jour le 27.10.2015 à 15h49 | Par Samuel Laurent et Alexandre Pouchard  – LECTURE LIBRE


Pour Le Figaro

Baisse du chômage : une «fausse éclaircie» pour la droite

Avec une chute de 0,7% du nombre de chômeurs en catégorie A, s’agit-il de la plus importante baisse depuis huit ans ou d’un écran de fumée? Si le gouvernement se félicite, la droite, elle, critique cet enthousiasme. «Une éclaircie dans le brouillard du chômage et de ses chiffres», conteste l’ancien ministre Républicain (LR) Eric Woerth. Dans un communiqué, le député de l’Oise note que le chômage « a baissé de 24.700 demandeurs d’emploi pour la seule catégorie A. Pourtant, dans le même temps, toutes catégories confondues, il a augmenté de 1000 ».

«Malgré l’ouverture des vannes sur les contrats aidés, malgré la bonne conjoncture économique mondiale, le chômage ne baisse toujours pas», tranche Eric Woerth. Et d’imaginer la situation du mois prochain: « Ce seront les formations professionnelles prioritaires et le compte personnel d’activité qui viendront maquiller une situation qui reste dramatique ».

Pour le sénateur LR de l’Yonne Jean-Baptiste Lemoyne, « la communication gouvernementale autour de la “baisse” du chômage est indécente pour les 66.200 chômeurs en A de plus depuis janvier ». Sur Twitter, il estime que « généraliser et tirer des conclusions » du chiffre avancé par le gouvernement revient à « aller trop vite ».

« Un meilleur chiffre du chômage tombe telle une feuille d’automne dans la campagne…électorale » Dominique Bussereau, député LR sur Twitter

Chargé de la riposte chez les Républicains, Roger Karoutchi note quant à lui que sur l’ensemble des neufs premiers mois de l’année, le chômage est toujours à la hausse: On est « loin de l’inversion », rétorque alors l’ancien ministre sur Twitter. Dominique Bussereau préfère lui ironiser et sous-entendre que la baisse du chômage intervient à un moment opportun: « Un meilleur chiffre du chômage tombe telle une feuille d’automne dans la campagne…électorale Mais il ne faut pas bouder une amélioration », écrit l’ancien ministre sur le réseau social.

Tristan Quinault Maupoil – Le Figaro – Source


 Pour Les Echos

Chômage : forte baisse en septembre

Le nombre de chômeurs a reculé de 23.800 en septembre, avec une forte baisse chez les jeunes. C’est, hormis le « bug » de l’été 2013, la plus forte baisse du quinquennat. Le chômage est stable sur les quatre derniers mois.

Il serait bien trop tôt, et imprudent, de crier à l’inversion nette et durable de la courbe promise par François Hollande. Les chiffres du chômage de septembre, publiés ce lundi après-midi, n’en constituent pas moins un résultat encourageant à brandir pour l’exécutif en plein lancement de la campagne des élections régionales de décembre. Pôle emploi a ainsi enregistré un recul de 23.800 chômeurs de catégorie A, ceux n’ayant pas du tout travaillé dans le mois.

Exception faîte du « bug » d’août 2013 (les chiffres avaient été faussés par un raté dans le processus d’actualisation), c’est la plus forte baisse enregistrée depuis le début du quinquennat, devant celle de janvier dernier (-19.100). Elle donne corps aux signaux encourageants constatés sur le front économique, avec une nouvelle progression de juin à septembre des déclarations d’embauches en contrat de plus d’un mois et le retour en octobre du moral des patrons a son plus haut depuis quatre ans.

Ce recul du chômage efface la hausse surprise enregistrée en août et vient conforter l’idée, défendue depuis le printemps par le gouvernement, qu’il est désormais « stabilisé » : à 3.547.800, en métropole, le nombre de chômeurs s’inscrit même en léger recul sur les quatre derniers mois, ce qui ne s’était plus vu « depuis début 2011 », comme s’en félicite dans un communiqué Myriam El Khomri, la ministre du Travail. Sur un an, la hausse n’est plus que de 3,1 %.

Derek Perrotte  27/10 à 11:39 – Les Echos – Source

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