Comment Volkswagen essaye de faire taire la presse française

Volkswagen n’a visiblement pas entendu parler de l’effet Streisand. Alors que la multinationale allemande a admis, le 21 septembre, avoir triché sur les émissions de gaz polluants de ses voitures (ce qui concernerait plus de 948 000 véhicules en France), elle essaie désormais d’étouffer les retombées médiatiques de la manière la moins délicate possible.

Le Canard Enchaîné (daté du 30 septembre) rapporte que l’agence MediaCom, en charge d’acheter des espaces publicitaires pour la marque, a envoyé un mail le 22 septembre aux “dirigeants des principaux quotidiens régionaux” :

“Si nous pouvons assurer formellement à l’agence et à la marque que lors des dates de parutions des 6, 8 et 10 octobre prochain, il n’y aura aucun article relatif à la crise VW, nous conserverons les investissements… soit 315 K€.”

  • Plusieurs éditeurs de province ont refusé ce “chantage” 

D’après l’hebdomadaire satirique, “plusieurs éditeurs de province ont déjà envoyé bouler Volkswagen et MediaCorp” à la suite de ce “chantage”. A la suite de la parution de l’article du Canard Enchaîné, le président de Groupe M France, à qui appartient MediaCom, a publié un démenti, affirmant que “le groupe Volkswagen France n’a donné aucune consigne d’annulation de ses campagnes de publicité dans les Média en France.

| #Volkswagen L’agence GroupM, via @pierre_conte, et la régie 366, via                   | @jacqueshardoin, démentent le Canard Enchaîné pic.twitter.com/SgtXuEpkpb     |— Satellinet (@Satellinet) 30 Septembre 2015

La régie publicitaire 366, qui travaille pour le groupe, a elle aussi publié un communiqué par la voix de son président Jacques Hardoin dans lequel il annonce que “la société Volkswagen, ni son mandataire la société MediaCom” n’a “jamais demandé à la régie 366 que la Presse Quotidienne Régionale ne traite pas l’actualité concernant la marque automobile.

  • Les ministres veulent aussi éviter Volkswagen

Ironie du sort: dans un autre article du Canard Enchaîné, on apprend que des élus de la République ont aussi cherché à éviter un mini-scandale en rapport avec les émissions de gaz polluant.

Le 25 septembre dernier, sept ministres (dont Sylvia Pinel, Alain Vidalies, Marylise Lebranchu) en déplacement ont été forcés de s’arrêter sur une aire d’autoroute après que l’un d’entre eux s’est rendu compte que la voiture de location dans laquelle ils étaient entassés était un van Volkswagen diesel.

Pour éviter que les médias ne rapportent cette malheureuse coïncidence, ils ont alors quitté le véhicule “pour s’entasser dans les voitures suiveuses, qui, par bonheur, sont toutes des Citroën”, rapporte le palmipède.

Service Actu des Inrocks – Source