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Franck Allisio est le dernier membre des Républicains en date à quitter son parti pour rejoindre le FN.

La liste commence à s’allonger.

Franck Allisio, président national des « Jeunes actifs », groupe affilié aux Républicains, a annoncé dimanche à Marseille son ralliement au Front national. Il n’est pas le premier. La liste des transfuges commence à s’allonger. Olivier Bettati, tête de liste du FN dans les Alpes-Maritimes, a sauté le pas récemment à l’occasion des régionales : il a été adjoint de Christian Estrosi à la mairie de Marseille avant de se ranger, en juin, derrière la bannière de Marion Maréchal-Le Pen.

Autre prise de guerre : Sébastien Chenu, ancien secrétaire national de l’UMP, où il fut proche de Nathalie Kosciusko-Morizet. Il a rallié le FN en décembre 2014 pour créer le collectif culture du Rassemblement bleu marine. Il a même été candidat RBM aux élections départementales à Beauvais.

« Dédiabolisation »

Lors des dernières élections départementales, Marine Le Pen avait pointé l’arrivée de plusieurs cadres de la droite : quinze élus UMP, « dont deux conseillers municipaux de Marseille et un ancien maire de Saint-Gilles, dans le Gard, un autre de Vence dans les Alpes-Maritimes, un ancien candidat aux législatives dans le Loir-et-Cher, des maires adjoints ».

Lors des municipales, en mars 2014, le FN avait déjà investi une trentaine de candidats issus d’autres formations politiques. Ces arrivées de cadres et de militants de la droite républicaine servent la stratégie de « dédiabolisation » du parti. Une stratégie défendue par Florian Philippot, vice-président du FN. Ancien chevènementiste, il s’efforce de multiplier les appels du pied aux souverainistes de la droite. Faire croire que la ligne du FN n’est plus celle d’un nationalisme nauséabond, mais celle d’un souverainisme politiquement correct.

Donner un coup de pouce à sa carrière

Les transfuges y trouvent aussi leur compte. Car ils ont souvent une idée derrière la tête. Ils espèrent tout simplement donner un coup de pouce à leur carrière. « Pour ceux qui rallient le FN, il y a la possibilité, en dix ans, d’être élu et de faire carrière », souligne Jean-Yves Camus.

Le spécialiste de l’extrême droite cite deux cas. Ayméric Chauprade, qui n’avait aucun mandat électif avant d’être propulsé chef de liste en Ile-de-France FN aux Européennes, et qui a été élu. Sophie Montel, elle aussi députée européenne, et qui a été candidate FN face à face au PS lors de la législative partielle du Doubs.

Mais gare aux désillusions.

Plusieurs candidats aux municipales de 2014, fraîchement encartés au FN, ont fini par claquer la porte d’un parti qui, de l’intérieur, ne s’avère pas si fréquentable que ça. Dans la Somme, une nouvelle recrue a fait marche arrière après avoir entendu, lors d’une réunion, des « propos xénophobes et homophobes ». Il a fini par jeter l’éponge, avant d’envoyer une lettre au patron de l’UMP pour lui demander « pardon »

Ouest France SOURCE