Scène de chasse en Biterrois

Robert Ménard a encore sévi. Vendredi [11 sept 2015], flanqué d’adjoints et de policiers municipaux, arborant son écharpe tricolore, le maire de Béziers s’est rendu dans le quartier de La Devèze pour expulser lui-même une famille de réfugiés syriens.

Une place entourée d’immeubles de quatre étages, de type HLM des années 1970. Des véhicules qui se garent, d’où sortent des hommes en uniforme, l’arme au poing et gilet pare-balles. Ils sont rejoints par leur chef entouré de ses lieutenants, étonnamment ceints d’une écharpe tricolore.

Drôle de tenue pour une bande de malfrats se préparant à faire une « descente » dans une cité ! Le décor est planté : dans le quartier de la Devèze, quelques enfants cessent de taper dans un ballon et observent la petite troupe avancer d’un pas décidé vers une entrée. Scène suivante : le petit homme sec, qui commande l’escouade, pénètre dans un logement et veut en chasser ses occupants.  « Vous êtes Syriens ? « s’enquiert-il, «  Vous n’êtes pas les bienvenus »….

Ce petit film, diffusé par les services de communication de la ville de Béziers, met en scène le maire Robert Ménard, élu en 2014, grâce au soutien du Front National, au cours d’une expédition spectacle contre des réfugiés fuyant la barbarie de Daech. Le discours raciste et xénophobe du petit caudillo biterrois est proprement insupportable. Le faussaire, auteur d’un montage grossier à partir d’une photo de l’AFP prise en Macédoine, visant à répandre la rumeur d’une ruée de migrants dans sa ville, bat chaque jour ses propres records d’ignominie.

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Il a franchi une étape qui le place sur le terrain de la délinquance, et pour le moins, du trouble  à l’ordre public. Pénétrer dans un domicile accompagné d’hommes armés, fût-ce des policiers municipaux, et tenter d’en chasser ses occupants en dehors de toute légalité, relève de l’incitation à la haine et à la violence. Des actes qui ne peuvent rester impunis, sauf en cas d’abdication de la République, comme nous l’enseigne l’histoire française et européenne.

Jean-Paul Piérot – Journal L’Humanité   SOURCE

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