Au revoir, ma poule !

Il avait de toutes ses forces voulu être le premier ministre de l’Intérieur de François Hollande, mais avait été laissé à l’écart du gouvernement Ayrault.

Il avait ensuite été nommé à un poste auquel, de son propre aveu, « il ne s’attendait pas ». Il ne connaissait d’ailleurs rien à ces affaires sociales et ne manifestait pas une joie particulière à l’idée de se retrouver comptable de cette maudite promesse initiée par son prédécesseur, Michel Sapin : l’inversion de la courbe du chômage.

C’est sûr, être ministre de l’Échec social n’était pas le rêve de François Rebsamen. Et pour couronner le tout, le voilà sur le départ sans être encore remplacé, poussé dehors un peu plus vite qu’il ne l’aurait imaginé pour cause de lecture rigide de la règle de non-cumul des mandats. Comme le veut la tradition, son portrait va maintenant venir s’aligner derrière celui de ses prédécesseurs dans l’antichambre du bureau de son successeur.

Laissera-t-il une trace beaucoup plus forte dans ce ministère ? On en doute.

Peu motivé par cette matière, François Rebsamen semble avoir très vite renoncé à imposer ses convictions. Ses quelques tentatives de sortir de la doxa syndicalo-socialiste avaient été sèchement recadrées : contrôle des chômeurs, liberté du contrat de travail, 35 heures, âge de la retraite, à chaque fois il avait fait machine arrière face aux criailleries de la gauche, réduisant progressivement son rôle au commentaire inventif des statistiques mensuelles du chômage.

Même la loi qui porte son nom paraît bien terne à côté d’autres textes législatifs comme la désormais célèbre loi Macron. Le ministre de l’Économie dont les incursions sur le social l’avaient froissé, avait envoyé à François Rebsamen un SMS moqueur : « Excuse-moi, ma poule ».

Quatre mots qui pourraient assez bien résumer sa trajectoire ministérielle.

Beytout Nicolas, L’Opinion – SOURCE

 

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