L’amour au temps du libéralisme.

Si intime, si authentique soit-il, le sentiment amoureux est, nous l’affirmons, le produit du bouillon de culture politique, économique et social où nous évoluons.

Les Grecs anciens avaient trois mots pour désigner l’amour : la « philia » pour l’amour réciproque – l’amitié –, « l’agapè » pour l’amour inconditionnel, l’« éros » pour l’amour physique.

Qu’un journal politique s’intéresse aux deux premiers, passe encore ! Qu’il prenne pour sujet de réflexion l’éros, cette passion amoureuse qui fait d’ordinaire les choux gras de la presse dite féminine, voilà qui étonnera plus d’un lecteur de Politis.

À travers les évolutions de la sexualité, de l’histoire de la famille et du couple, il s’agit ici d’appréhender ce sentiment impalpable et énigmatique qui – pour reprendre le vers de Louise Labé – « inconstamment [nous] mène », et après lequel, pourtant, n’a de cesse de courir l’Occidental du XXIe siècle.

Si intime, si authentique soit-il, le sentiment amoureux est, nous l’affirmons, le produit du bouillon de culture politique, économique et social où nous évoluons. 

De toute évidence, on n’aime pas de la même façon au Moyen Âge et en 2015, en Nouvelle-Guinée et à New York, et peut-être même dans le maquis corse et le IVe arrondissement de Paris !

Comment se désire-t-on au temps du libéralisme roi ?

L’autre est-il devenu une marchandise ?

À moins que le don de soi qu’est l’amour ne soit une résistance à la société de consommation… Une manière, peut-être, de s’en émanciper.

Pauline Graulle – Article paru dans Politis n° 1363


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