Tentative de coup d’État au sein de Daech

Treize membres éminents de Daech auraient projeté un attentat contre le “calife” de l’organisation. Ce qui traduirait des tensions, voire le début d’un “processus de décomposition”, affirme le journal Al-Araby Al-Jadid.

Dans un article précédent « Et si Daech implosait ? » que j’ai posté le 2 juillet 2015 sur ce blog, expliquait une possible implosion du mouvement guerrier. Plusieurs faits concordants, amènent à penser à cette auto-implosion de l’État islamique, tout au moins dans sa forme actuelle et ce même si quelques mouvements internes continuent attentats et à guerroyer dans certains secteurs plus ou moins stratégiques et que soutient en sous-main les USA ou la Russie selon le lieu géographique et les intérêts personnels stratégiques et /où financiers, de ces pays. MC

“Selon des sources concordantes en Syrie et en Irak, une première tentative de coup d’Etat contre Ibrahim Awwad Al-Badri, mieux connu sous le nom d’Abou Bakr Al-Baghdadi, se serait produite au sein de Daech [Etat islamique, EI]”, affirme le journal Al-Araby Al-Jadid. Elle s’est soldée par un échec et l’exécution des auteurs, 13 membres éminents de l’organisation.”

Toujours à en croire le même journal, installé à Londres mais proche du Qatar, cette tentative “s’est déroulée entre le 10 et le 13 juin et a profondément ébranlé l’organisation”.

L’information est à prendre avec précaution, mais le journal ajoute d’autres éléments intéressants concernant la situation sur place, qu’il aurait recueillis par téléphone, notamment auprès de gens qui se livrent au trafic de carburant entre les régions contrôlées par Daech et la frontière turque. Cette tentative de renversement indiquerait l’amorce d’“un processus de décomposition”, estime l’un d’eux.

Les différends porteraient sur les qualités personnelles d’Al-Baghdadi et sur ses choix, notamment celui de remplacer des dirigeants locaux irakiens par des étrangers. Mais aussi sur sa “surenchère” : son obstination à combattre d’autres groupes djihadistes, à “verser même le sang des sunnites, à relancer les hostilités avec les Kurdes et à étendre le champ de bataille, y compris par des attentats en Arabie Saoudite.

“Il serait normal que, désormais, des scissions apparaissent au sein de l’organisation et prennent une grande ampleur”, estime un “spécialiste des groupes armés irakiens” cité par le journal.

Courrier International – Source