Assurance-maladie. Économiser 715 millions d’€ en 2016

Pour remplir l’objectif de dépenses de l’Assurance-maladie (Ondam) pour 2016, abaissé en avril à 1,75 % au lieu de 2 %, il va falloir couper 3,4 milliards d’euros.

Pour 2015, les députés ont voté le principe d’une diminution de 3,2 milliards d’euros des dépenses d’assurance-maladie par rapport à leur croissance naturelle. L’année prochaine, l’effort va encore s’accroître.

La Caisse nationale d’Assurance-maladie (CNAM) a donc inclus dans son rapport annuel « charges et produits » des propositions d’économies qui inspireront le gouvernement pour rédiger le projet de loi de financement de la Sécurité sociale de cet automne.

Ce rapport, que se sont procuré « Les Echos », sera présenté jeudi au Conseil d’administration de la Cnam. Elle propose 715 millions d’euros d’économies dès l’année prochaine, et 2,98 milliards sur trois ans, grâce à des améliorations de la prise en charge des patients.

Prévenir plutôt que guérir

La Caisse propose notamment d’investir dans la prévention des maladies lourdes et coûteuses.

L’insuffisance rénale chronique, par exemple, coûte 44.800 euros par an par patient, en raison de la transplantation d’un rein, et des frais de taxi pour la dialyse. Les coûts croissent de 4,9 % par an.

La prévention permettrait de freiner cette dépense de 0,2 point, soit 32 millions d’euros d’économie dès 2016, et 127 millions en trois ans.

Virage ambulatoire, génériques : des recettes déjà éprouvées

Il faut également poursuivre dans la voie du « virage ambulatoire », explique la CNAM : réduire les durées de séjour à l’hôpital, en développant les nouvelles techniques médicales et l’accompagnement à domicile. En trois ans, il serait possible d’économiser 836 millions d’euros de la sorte, et 171 millions dès 2016.

Les principaux gisements sont les séjours pour maternité et les opérations de la hanche ou du genou.

Avec le développement de la prescription des génériques, la Caisse espère 39 millions d’euros d’économies l’année prochaine, et 116 millions à moyen terme.

Améliorer la prescription, des ambulances aux arrêts de travail

La CNAM émet également une série de propositions dans le droit fil du plan précédent, sur la pertinence et le bon usage des soins. Elle suggère par exemple de développer des plateformes de commande de transport pour les établissements de santé, afin de remplacer 20 % des trajets à l’horizontale (en ambulance, avec du personnel médical) par des trajets assis, moins coûteux.

Les tarifs devraient également être harmonisés vers le bas entre véhicules sanitaires légers et taxis, ces derniers étant 25 % plus chers. Cela permettrait d’économiser 109 millions dès l’année prochaine, et 547 millions en trois ans.

Quand à l’essor des arrêts de travail, que l’on peine à expliquer même si l’on suppose que la crise, le vieillissement des salariés et la fin des préretraites jouent un rôle, la Cnam propose de l’endiguer pour économiser 100 millions par an pendant trois ans. Elle devra pour cela accompagner les généralistes afin de mieux prescrire.

La prescription doit également être améliorée en matière d’apnée du sommeil  : en transférant 20 % des traitements des machines à pression positive continue vers des orthèses d’avancée mandibulaire, on peu économiser 39 millions d’euros la première année, puis 174 millions en trois ans.

Il faut aussi diminuer le nombre d’examens pré-anesthésiques et biologiques.

Les économies sur la prescription de médicaments peuvent être importantes en ciblant les antidiabétiques, dont le coût a crû de 44 millions d’euros l’an dernier (+3,3 %).

Comme il y a beaucoup d’innovation dans ce domaine, les prix sont élevés, et les médecins prescrivent souvent sans respecter l’autorisation de mise sur le marché et les indications thérapeutiques remboursables. Il y aurait 82 millions d’euros d’économies à faire en un an, 336 millions en trois ans.

Les économies seraient du même ordre (85 millions, puis 317 millions) en faisant le ménage dans la liste en sus, celle des médicaments innovants que les hôpitaux peuvent acquérir sans passer par la procédure habituelle d’achats. Un ménage qui s’impose étant donné l’arrivée massive de traitements onéreux, notamment contre le cancer.

Godeluck Solveig, Les Echos – Titre original « Comment l’Assurance-maladie veut économiser 715 millions d’euros en 2016 » Source


Mon avis :

L’hôpital public fait beaucoup avec peu de moyens. Reconnaissons la qualité des équipes médicales du service public, pourtant mis à rude épreuve depuis les mesures d’austérité – manque de personnel, cursus très sélectif ne permettant pas un renouvellement du personnel et des spécialistes, matériel vieillissant, etc.
Si nous ne pouvons qu’être d’accord sur la volonté de prévention encore faudra-t-il en donner les moyens et par conséquent les prendre quelque part, autrement dit c’est habillé Paul en déshabillant Jacques (Suppression de médecins scolaires, de la médecine professionnelle ne vont pas dans le sens voulu).
L’obligation de généralisation des médicaments génériques pose quelques problèmes d’efficacité envers certaines maladies -voir provoquent des pathologies sans rapport avec la maladie a traiter-, quand ils n’obligent pas à en donner 2 voir 3 en substitution du produit original.
En milieu rural, l’éloignement des lieux de soins médicaux, oblige les patients à l’utilisation de VSL où taxi, les ambulances étant d’ores et déjà de moins en moins utilisé, encore faut-il qu’il y en ait une à disposition (ce n’est pas le cas dans notre région).

MC