Robert Ménard, le diablotin.

Robert Ménard, fondateur de Reporters sans frontières, est passé du rouge (ex-trotskiste) au bleu marine tirant sur le brun (soutenu par le FN, Debout la République, le Mouvement pour la France, le Rassemblement pour la France, les ex-OAS…), Robert Ménard est aujourd’hui vert… de rage.

Après ses anciens confrères de la presse locale, ceux qu’il a sous la main et qu’il a le pouvoir d’impressionner, qui continuent de lui empoisonner l’existence. Trop bavards, les journalistes, trop curieux… Depuis son élection, il s’est servi du Journal de Béziers, son bimensuel de propagande municipale, pour alimenter des polémiques et régler ses comptes avec Midi Libre.

La rédaction locale a régulièrement fait l’objet de pages spéciales « La main dans le sac » dénonçant son « impunité » en même temps que ses « opinions de gauche ». La semaine dernière, deux envoyés du Club de la presse régional, fondé par Ménard, ont tenté une médiation. Ils ont été priés vertement « d’aller se faire foutre » par un Ménard les chassant de sa mairie sous les insultes, qualifiant les journaux régionaux de « sous-presse », les journalistes de « tocards » et Midi Libre de « journal de merde ». Ambiance. (Lire leur communiqué)

Avec les opposants politiques, le maire est à peine plus tendre, quand sous leurs tribunes libres dans le JDB s’étalent en gras de déroutants droits de réponse.

Avec les associations qui ne rentrent pas dans le rang, c’est la guerre ouverte.

Par exemple quand il met en avant un entretien avec le directeur de l’Espace animation Albert-Camus de la Devèze, appointé par la mairie, pour justifier qu’il « reprenne les activités » du centre social voisin, Arc-en-Ciel, accusé de « prises de positions politiques ».

Leur campagne contre l’abstention, durant les élections départementales, leur a valu d’être privés de presque 50.000 euros de subvention. Mais le Journal de Béziers n’est pas qu’un instrument de pression, il se veut parfois « délicieusement réac ». Quand il qualifie la jeune chanteuse Louane Emera, dans son dernier numéro, de « Lolita de souche » pour magnifier un passé rêvé.

Quand il encense la série Mad Men, « qui dégoûte les bobos bios », ou quand il déroule ses jeux de mots façon Almanach Vermot (« Epile ou face » pour titrer un article sur une esthéticienne, surtitré « Tagada soins soins », le « vivre en sable » de l’équipe locale de base-ball, « une autorité qui ne manque pas de selle » à propos de la police montée…), c’est bien dans le passé qu’il nous projette. Cultivant un ton volontiers grivois, le JDB – c’est plus « fun » – n’est jamais loin non plus de la misogynie, quand il interroge la joueuse de volley-ball Hélène Schleck, qualifiée de « bombardier de charme », deux mois après avoir « vendu », en une, un « Exclusif volley: les filles sous la douche! »

Grégory Marin – Source