Travail dans le monde, la précarité corvéable s’installe.

Retour du règne financier dominant le produit du travail et des salariés corvéables à merci digne de la fin du 18e jusqu’au début du 19e, très bien décrit par Zola. C’est le retour à 3 classes distinctes, ouvriers et salariés, une petite bourgeoisie constituée d’artisans, boutiquiers et professions libérales et tout en haut de la chaîne, les plus aisés dominant financièrement la société, soutenus par un système dévoué à leur exercice du pouvoir et couvert par les différents gouvernants d’états de gauche comme de droite (lorsque ce ne sont pas des tyrans/dictateurs). MC

À l’échelle mondiale, être salarié à plein temps reste un privilège.

Selon le dernier rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) publié ce mardi [19 mai 2015], trois travailleurs sur quatre sur la planète sont employés à temps partiel, en contrat à durée déterminée, sans contrat ou bien encore sans rémunération – c’est encore le cas de millions d’emplois familiaux.

L’emploi salarié n’est pas en recul dans le monde. Il continue de progresser, mais toutes durées hebdomadaires et tous contrats confondus, il ne concerne encore que la moitié de l’emploi total. Et surtout, le temps partiel et les contrats temporaires se répandent.

Les chiffres de l’OIT révèlent « un monde du travail de plus en plus diversifié », résume le directeur général de l’organisation basée à Genève, Guy Ryder.

La planète comptait 201 millions de chômeurs en 2014, rappelle l’OIT, qui a publié cette statistique dans un précédent rapport, en janvier [2015]. Le taux de chômage a baissé depuis 2009 (il est évalué à 5,7 % chez les hommes et 6,3 % chez les femmes). Mais, si le pourcentage s’est amélioré, la population mondiale s’accroissant, il y a aujourd’hui 30 millions de chômeurs en plus qu’avant la crise de 2008.

Dans ce monde qui peine à créer assez d’emplois pour les 40 millions de personnes venant grossir chaque année le marché mondial du travail, les « formes atypiques du travail » ne sont pas un mal en soi, estime l’OIT. Elles « peuvent aider les gens à prendre pied sur le marché du travail », commente Guy Ryder, à la tête de l’organisation basée à Genève, depuis bientôt trois ans. Mais l’ancien syndicaliste britannique nuance aussitôt :

« Le tournant que nous observons de la relation d’emploi traditionnelle vers des formes d’emploi plus atypiques s’accompagne souvent d’une hausse des inégalités et du taux de pauvreté dans de nombreux pays. »

Le tableau mondial cache bien sûr des disparités criantes.

Dans les pays riches – on dit les « économies avancées » -, l’emploi salarié occupe huit travailleurs sur dix. En Asie du Sud ou en Afrique subsaharienne, la proportion tombe à moins de deux travailleurs sur dix. La majorité travaille à son compte ou au marché noir.

Nouvelles technologies L’OIT remarque que, dans certains pays développés, la part des salariés est en recul au profit de ce qu’on appelle en France les autoentrepreneurs. « Le modèle de l’emploi classique y est de moins en moins prédominant », note le rapport. L’impact des nouvelles technologies bouleverse aussi l’organisation du travail. « S’efforcer d’instaurer le modèle d’emploi classique pour la majorité des travailleurs devient de plus en plus difficile », admet l’OIT.

Plutôt que de dénoncer cette tendance de fond, elle préfère recommander aux pouvoirs publics et aux partenaires sociaux d’élargir à toutes les formes d’emploi « la protection appropriée ». Le chantier est pharaonique. En la matière, les inégalités sont flagrantes.

Pour ne citer que l’exemple des retraites, à l’échelle mondiale, la moitié des employés (52 %) bénéficient d’un régime leur garantissant une pension, fût-elle minime. Parmi les travailleurs indépendants, ils ne sont que 16 % à cotiser à un régime de retraite.

Nodé-Langlois Fabrice, Le Figaro – Titre original de l’Article « Le travail est de plus en plus précaire dans le monde » – Source

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