Détournements d’intentions !

Il fut un temps ou la France étant dépourvue d’autoroute, les routes accidentogènes le plus meurtrières étaient les nationales bordées d’arbres. Les autoroutes ou les arbres n’étaient plus en bordures immédiates ont détourné l’attention sur cette pseudo dangerosité, puis se fut les passages à niveaux qui le devinrent, ensuite les bandes blanches, etc.

Vous remarquerez que lorsque l’actualité ne « produit » pas d’annonces sensationnelles nationales ou internationales, on nous ressort soit le danger des arbres en bordure des routes nationales, soit le mariage d’une tête couronnée ou la naissance d’un enfant d’une célébrité.

En un mot il faut alimenter les moutons et permettre aux commentateurs des différents supports de « remplir » les pages des journaux ou les créneaux horaires des medias audiovisuels. Bien évidemment pour meubler vaut mieux (ou à défaut de plus sensationnel) pourquoi ne pas parler des arbres accidentogènes car pour les patrons de medias, pour les annonceurs et le gouvernement (quel qu’il soit) pas question de « sortir » des reportages sur la misère produite par le productivisme libéral. MC

J’ai trouvé cet article fort intéressant bien que datant de février 2013 et comme l’invite l’auteur ; je vous le soumets après recopie – Source

Arbres-bord-de-route

La nature devient gênante à l’activité des hommes…Récemment alors que j’observais des hommes de la DDE tronçonner « consciencieusement » un tilleul au moins centenaire, qui avait probablement pour seul défaut d’être considéré dangereux dans le nouveau code de la circulation, je me demandais pourquoi tant d’arbres avaient été plantés au bord des routes.

Il m’a fallu un peu de temps et de persévérance pour trouver des informations concordantes…

A l’origine, c’est une décision d’Henri III qui, en 1552, ordonna de faire planter des ormes tout le long des voies du royaume. afin de fournir du bois de haute qualité pour les affûts de canons et la construction des bateaux.

Au XVIIè siècle, Sully (ministre d’Henri IV) encouragea aussi ces plantations comme le firent d’ailleurs tous les gouvernements qui suivirent : cela permettait de disposer d’un approvisionnement en bois à moindre coût car la bordure de terrain faisant partie de la route appartenait à l’Etat. Ils délimitaient espace privé et espace public tout en stabilisant la chaussée.

En 1895, les 35 000 kilomètres de « routes nationales » comptaient ainsi près de 3 millions d’arbres. Au XXè siècle, les platanes à usage décoratif ont peu à peu remplacé les ormes…

Curieusement, en France les arbres de bords de routes sont accidentogènes tandis que chez nos voisins britanniques on pense au contraire, qu’ils obligent les automobilistes à réduire leur vitesse…

Une expérience menée ces derniers mois dans le comté de Norfolk (Est de l’Angleterre) a démontré qu’avec l’aide d’un effet d’optique, des arbres plantés le long des routes donnent l’impression aux conducteurs qu’ils roulent trop vite, d’où une tendance à ralentir de 3 à 5 km/h. Outre la plantation de plus de 200 arbres, les autorités du comté, qui espéraient une réduction des accidents de l’ordre de 20%, ont fait en sorte de les placer de plus en plus proches les uns des autres à l’entrée des villages, la sensation de vitesse étant plus importante dans cette configuration.

En France, où l’on compte désormais moins d’un million d’arbres au bord des routes, le mot d’ordre de la fin des années 1990 à 2006 a été de les abattre car tenus pour responsables chaque année de la mort de près de 500 personnes.

L’association «Arbres et routes»  estime qu’il s’agit simplement d’une question de comportement au volant. Et l’association de citer sur son site un texte de l’Académie des sciences morales et politiques : «Incriminer les arbres n’en demeure pas moins typique d’une certaine perception de la route en France, où ce sont plus souvent des éléments extérieurs que les comportements des conducteurs qui sont jugés responsables des méfaits».

Bien que les ayatollahs de la Sécurité Routière se soient un peu calmés sur le sujet depuis 2006, on ne va pas replanter d’arbres pour autant : la réflexion tend plutôt vers l’utilisation d’autres moyens techniques, tel que le marquage au sol.

L’effet stroboscopique que produisent les arbres en Angleterre a été obtenu à titre expérimental en France avec des bandes transversales sur le goudron. Tout comme l’effet de rétrécissement notamment à l’entrée des agglomérations qui incite l’automobiliste à ralentir alors même que la route est toujours aussi large.