Goldman t’as tout faux.

La jeunesse française furibonde après Jean-Jacques Goldman qu’elles jettent au tapis avec sa nouvelle composition pour les Enfoirés. Cette chanson est « réac », elle est du plus mauvais gout. Elle cristallise le mal être de la jeunesse et n’est pas digne de la cause sociale que souhaitait Coluche lequel n’imaginait certainement pas voir se pérenniser sa création à cause de la défaillance de notre système libérale de société.


Le Blog du Monde 

Entrer dans les annales de la chanson française, voilà une performance dont beaucoup d’artistes rêveraient. Jeudi 26 février, le morceau « Toute la vie » des Enfoirés, écrite par Jean-Jacques Goldman, a réussi cette prouesse, en s’illustrant déjà comme l’un des plus gros ratés de l’histoire musicale française.

La chanson devait pourtant porter un message « positif et encourageant » à l’intention des jeunes générations. Mais, outre les dommages qu’il peut infliger aux tympans les plus sensibles, le titre tombe en plus à côté de la plaque. Postée sur Youtube le 15 janvier, la chanson était restée plutôt inaperçue. Mais le même morceau, reposté le 23 février avec un nouveau clip, a été en quelques heures tourné en ridicule pour les poncifs qu’il relaie sur les différences entre générations.

Le clip met en scène, face à face, des jeunes anonymes et les personnalités des Enfoirés. S’instaure entre les deux groupes un dialogue : les premiers enchaînent les clichés misérabilistes sur leur situation, tandis que les seconds leur prodiguent « une bonne petite leçon de vie« « Vous aviez tout, paix liberté, plein emploi / Nous c’est chômage, violence, sida« , affirment les jeunes. « Tout ce qu’on a il a fallu le gagner / A vous de jouer mais faudrait vous bouger », répondent notamment Zaz, Bénabar, Julien Clerc ou encore Pascal Obispo.

Ce clip marque une rupture, expliquent Les Inrocks. « Le discours habituellement « rassembleur » [des Enfoirés] se pare d’une charge anti-jeunes d’un conservatisme douteux », écrivent-ils, allant jusqu’à parler « d’un mépris de classe et d’un culte de la réussite sociale ». Le texte de la chanson est à la fois « paternaliste », « creux » et « assez dangereux, faisant l’étalage d’un individualisme élevé en cheval de bataille ».

Postée sur la page Facebook des Enfoirés, elle a été accueillie plutôt fraîchement par les internautes, qui dénoncent, pêle-mêle, une « stigmatisation de la jeunesse », une « véritable honte » ou encore « des vieux cons qui ont réussi et qui font la leçon aux jeunes qui galèrent ».

« Lorsque je me plaignais avec férocité de ma peur de l’avenir à un adulte, j’espérais un peu plus de maturité que ça de sa part. Je n’attendais pas de lui qu’il me nargue avec sa situation stable ! », rétorque ainsi une chroniqueuse du site Mademoizelle.com, avant de rappeler quelques chiffres.

Une étude de l’Unicef montre ainsi que le malaise des 12-18 ans, moqué dans les répliques des Enfoirés, est bien réel. Une enquête du Cereq publiée en 2014, citée par Libération, montre que « pour tous [les jeunes Français], à des degrés divers, le risque du chômage s’aggrave et l’insertion se détériore ». Le taux de chômage des moins de 25 ans était de 23,7 % en juillet 2014. Il n’était que de 4,4 % pour les 20-24 ans en 1975.

Charles Gautier, sur Le Plus de L’Obs, ajoute que « la jeunesse ne se reconnaît pas dans cette chanson ». En plus de la surdité des adultes mis en scène, ce morceau et son clip révèle une « vision des jeunes (…) pessimiste [et] fausse ». Dans le texte, les « jeunes renoncent » et « sont en pleine dépression », commente Charles Gautier. Au contraire, dit-il, beaucoup « ont la rage au ventre. Ils en veulent. »

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