Un destin pulvérisé par les ébats

La presse européenne est aux premières loges du procès du Carlton, qui s’ouvre ce lundi à Lille. Sexe, argent… la personnalité de Dominique Strauss-Kahn révèle les sombres arcanes d’une carrière politique, mais aussi le rapport des Français à la vie privée.

 DSK - Dessin de CajasDessin de Cajas paru dans El Comercio, Quito.

« Difficile de trouver une affaire plus symbolique de la totale confusion des genres dans laquelle s’ébrouait sans honte Dominique Strauss-Kahn« , annonce Le Temps, qui consacre sa manchette à l’ouverture du procès du Carlton, à Lille. Trois semaines d’audiences sont prévues au tribunal correctionnel, devant lequel l’ancien président du FMI comparait pour « proxénétisme aggravé ».

« L’affaire est sans précédent en France, où les lois sur le respect de la vie privée ont jusqu’à présent très bien préservé les aspects les plus sombres de la vie personnelle des hommes politiques », estime The Guardian, à Londres. « Le procès est aussi considéré comme un test de l’ouverture d’esprit des électeurs français sur les penchants sexuels de leurs représentants, et comme la preuve qu’une nouvelle morale austère est en marche dans un pays qui s’est longtemps moqué du ‘puritanisme anglo-saxon' », n’oublie pas de souligner le quotidien britannique.
Attraction et jalousie

A Genève, Le Temps retrace le parcours de Dominique Strauss-Kahn, « cadet de Gascogne version Rastignac », et dresse un parallèle avec un autre destin fulgurant : « Strauss-Kahn – Sarkozy : deux trajectoires jalonnées d’attraction et de jalousie mutuelles, au point que les partisans du premier ont longtemps vu l’ombre du second dans l’affaire du Carlton », rappelle le quotidien genevois.

« Sauf que Sarkozy, abhorré par les gaullistes historiques comme le fut DSK par les mitterrandiens, a toujours su se protéger. D’abord en s’entourant d’anciens responsables policiers de haut rang […], ensuite en évitant d’étaler son patrimoine et en refusant les sorties trop voyantes, revenant par exemple toujours dormir chez lui les soirs de campagne électorale. Verrouillage cynique d’un côté. Exhibitionnisme suicidaire de l’autre », conclut Le Temps, rappelant que « sa libido à ciel ouvert » a fait chuter celui qui se rêvait en président de la République française.

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